Alors que le voile commence à être levé sur ce stade de 80.000 places, deux mois avant son inauguration pour un match France-Espagne, l’organisation Robin des Bois affirme que le système de protection de sa pelouse est insuffisant.
Une valse hésitation politique avait préludé au choix du site pour édifier le grand stade, prévu pour accueillir 9 rencontres de la prochaine Coupe du monde (10 juin-12 juillet), dont le match d’ouverture et la finale.
Construit sur le site d’une ancienne usine à gaz, le Stade de France a nécessité d’importants travaux de décontamination du sol, après que des sondages, dont certains secrets, eurent révélé l’ampleur de la pollution.
Aux hydrocarbures se sont ajoutés, note Le Monde, des goudrons, du phénol, du benzol, et peut-être, du cyanure, tous des produits dangereux hautement toxiques.
Selon Robin des Bois, qui suit le dossier depuis le début, les solutions antipolluantes ont été bâclées, et le terrain reste menacé par une montée subite des eaux de la nappe phréatique également très polluée.
Cette montée pourrait suivre de fortes pluies ou des crues, la Seine étant proche du site, tandis que des émanations gazeuses toxiques pourraient aussi se multiplier sous l’effet de la chaleur estivale.
Un match de football amical et privé s’est joué mercredi sur la pelouse du Stade de France que la presse populaire, comme le quotidien France Soir, décrit jeudi comme «inédit dans sa conception et élégant dans ses formes».
Lors du coup d’envoi du Mondial, avec le Brésil, le 10 juin 1998, le «monde entier va s’émerveiller devant cette gigantesque construction», affirme ainsi France-Soir.
Le Stade de France a accueilli son premier match de football, avec le Variétés Club de France, équipe de célébrités du sport et du spectacle, qui a donné la réplique à une sélection des ouvriers des différentes entreprises à sa construction.
Quelque 8.000 à 10.000 privilégiés, pour l’essentiel des proches des familles des constructeurs, ont offert la première ola dans cette enceinte de 80.000 places.
L’histoire retiendra pour cette première rencontre disputée en trois tiers-temps, que l’honneur d’inscrire le premier but au Stade de France est revenu — ironie du sort — à un rugbyman, l’ancien arrière et capitaine du 15 de France, Serge Blanco, auteur d’ailleurs d’un doublé pour le VCF.
Michel Platini, coprésident du Comité français d’organisation (CFO) du Mondial-98, blessé, n’a pu tester la pelouse déjà controversée qui a cependant bien tenu.
L’inauguration officielle du Stade de France est prévue le 29 janvier 1998 avec le match amical de football France-Espagne. Un premier test grandeur nature pour lequel les autorités devront avoir notamment résolu les problèmes d’embouteillage… (AFP)

