Le groupe d’experts pour la prévention des hépatites virales (HPVB), formé en 1992 afin de soutenir les recommandations de l’OMS dans ce domaine, a organisé une réunion à Madrid, du 17 au 19 novembre, pour faire le point de la situation notamment en Europe, où près d’un million de personnes sont infectées chaque année par le virus, 90.000 deviennent chroniquement porteuses du virus et 24.000 en meurent.
Après avoir incité les pays à intégrer la vaccination contre l’hépatite B dans leurs programmes nationaux de vaccinations pour 1997, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé, en 1994, un nouveau défi: «La réduction de 80% des nouveaux cas de porteurs du virus parmi les enfants d’ici l’an 2001», a rappelé le Dr Mark Kane, responsable médical du programme mondial de vaccinations contre les hépatites de l’OMS et membre du HPVB.
Six ans après cette recommandation d’ajouter le vaccin antihépatite aux programmes élargis de vaccinations, plus de 90 pays ont établi des programmes de vaccination préventive des enfants et/ou des adolescents, selon les experts.
Optimisme
L’ensemble de ces pays représente environ 40% des 145 millions nouveau-nés annuels de la planète et pratiquement 60% des 350 millions de porteurs du virus dans le monde. Le Dr Kane a souligné son «optimisme» sur l’atteinte de l’objectif fixé de réduction des porteurs du virus parmi les enfants à l’horizon 2001, vu ces «grands progrès» enregistrés au niveau mondial.
Cinq pour cent de la population mondiale (quelque 350 millions de personnes) gardent en permanence le virus après avoir été infectés et risquent de contaminer d’autres, lors de relations sexuelles notamment. Un quart environ de ces porteurs chroniques du virus développeront de graves maladies du foie: hépatites chroniques, cirrhoses et cancer du foie.
La vaccination des nouveau-nés, nés de mères porteuses du virus, vise à éviter qu’ils ne deviennent des porteurs chroniques du virus. Ce qui arrive dans 70 à 90% des cas sinon.
La plupart des porteurs du virus vivent dans les grands pays d’Asie comme l’Indonésie et la Chine dont les programmes de vaccinations couvrent respectivement 100% à 60% des enfants de moins d’un an, a relevé le Dr Kane pour expliquer son optimisme. En Europe, alors qu’en 1993 seule l’Italie pratiquement s’était lancée dans une généralisation de la vaccination antihépatite B, 28 pays d’Europe (Ouest et Est) sont engagés dans de tels programmes ou en passent de le faire, selon lui. L’Italie a ainsi enregistré entre 1991 et 1996 une réduction d’un tiers de l’incidence des infections parmi les enfants et les jeunes adultes (15-24 ans), selon le Pr Paolo Bonanni. (AFP)

