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Actualités - Chronologie

L'incroyable histoire des faux-monnayeurs du camp de Sachsenhausen

A 80 ans, Adolf Burger, ancien déporté juif, est un des derniers témoins d’une des opérations les plus secrètes des nazis, qui n’hésitèrent pas à installer une planche à billets dans le camp de concentration de Sachsenhausen (Est) pour fabriquer des devises étrangères.
M. Burger, originaire de Slovaquie, fait partie des 144 détenus juifs, imprimeurs, banquiers ou habiles artisans, qui furent reconvertis de force en faux-monnayeurs dans une unité spéciale du camp.
De 1942 à 1945, ils fabriquèrent des livres britanniques, des dollars américains ou des timbres falsifiés de propagande, dans une opération savamment orchestrée au plus haut niveau de l’Etat national-socialiste.
Un demi-siècle plus tard, Adolf Burger, qui vit aujourd’hui à Prague, a publié un livre sur son incroyable histoire et revient régulièrement en Allemagne pour témoigner.
Le prisonnier au matricule 64401, dont le numéro reste inscrit à jamais sur l’avant-bras gauche, venait de connaître l’horreur dans le camp de la mort d’Auschwitz-Birkenau, en Pologne, de septembre 1942 à avril 1944.
Du jour au lendemain, il se retrouva affecté au commando des faux-monnayeurs de Sachsenhausen, près de Berlin.
Le commando de faux-monnayeurs, supervisé par un officier SS, Bernhard Krueger, était soigneusement isolé du reste du camp de Sachsenhausen avec des barbelés.
Le commando travaillait avec une précision d’experts. Les imprimeries, ultramodernes, reproduisaient le moindre détail à l’identique. Des mathématiciens percèrent le secret du système de numérotation des billets britanniques.
La fausse monnaie était par exemple utilisée pour acheter de l’or, des pierres précieuses ou payer des agents secrets. A la fin de la guerre, une grande partie des livres en circulation en Grande-Bretagne étaient fausses, selon M. Burger. La Banque d’Angleterre dut changer tout son système de billets.
La contrefaçon s’étendait aussi aux faux passeports, timbres et toutes sortes de documents.
A l’approche de la fin de la guerre, Sachsenhausen fut évacué. Son commando très spécial erra d’un camp à l’autre en Allemagne et n’échappa à l’exécution que de justesse. (AFP)
A 80 ans, Adolf Burger, ancien déporté juif, est un des derniers témoins d’une des opérations les plus secrètes des nazis, qui n’hésitèrent pas à installer une planche à billets dans le camp de concentration de Sachsenhausen (Est) pour fabriquer des devises étrangères.M. Burger, originaire de Slovaquie, fait partie des 144 détenus juifs, imprimeurs, banquiers ou habiles artisans, qui furent reconvertis de force en faux-monnayeurs dans une unité spéciale du camp.De 1942 à 1945, ils fabriquèrent des livres britanniques, des dollars américains ou des timbres falsifiés de propagande, dans une opération savamment orchestrée au plus haut niveau de l’Etat national-socialiste.Un demi-siècle plus tard, Adolf Burger, qui vit aujourd’hui à Prague, a publié un livre sur son incroyable histoire et revient...