L’UE considère qu’Israël abuse de l’accord d’association, qui lui permet de vendre ses produits hors droits de douane sur le marché européen, en écoulant par ce biais des produits venant d’ailleurs et notamment des territoires.
«Israël se sert de ce traité pour permettre l’entrée de produits étrangers sur le marché européen», a accusé le porte-parole de l’UE en Israël, M. David Kriss.
Le ton a commencé à monter entre Israël et l’UE quand il est avéré que des entreprises israéliennes avaient exporté ces dernières années vers l’Europe du jus d’orange, libellé israélien alors que les bouteilles étaient en partie remplies de jus fabriqué au Brésil.
Comme il n’y a pas de contrôles au départ des ports israéliens, l’UE soupçonne que cette pratique soit fort répandue.
«Israël n’autorise pas la présence de contrôleurs de l’Union européenne qui a donc donné pour consignes aux importateurs européens de vérifier attentivement la provenance des produits israéliens», a indiqué M. Kriss.
Accord intérimaire
«L’affaire du jus d’orange a révélé les difficultés d’Israël à se conformer aux règles d’origine» des produits, a ajouté M. Kriss. «Israël doit adopter une nouvelle réglementation pour s’y conformer», a-t-il dit.
En conséquence, les Européens se demandent si des produits palestiniens ne sont pas également écoulés par ce biais.
«L’UE a des doutes sur l’origine de produits qui peuvent avoir été fabriqués dans les territoires palestiniens», a dit M. Thierry Béchet, chef de la délégation de l’UE dans les territoires.
Israël, qui n’a jamais reconnu les accusations européennes sur l’affaire du jus d’orange brésilien, n’accepte pas l’argument économique et craint que les nouvelles consignes données aux importateurs européens s’apparentent à des sanctions politiques.
«Ce n’est pas à l’Union européenne de décider des frontières d’Israël par des biais économiques», a déclaré l’ambassadeur israélien auprès de l’UE, M. Ephraïm Halevy, au quotidien «Haaretz».
«Nous refusons toute politisation des relations entre Israël et l’UE», a affirmé un porte-parole des Affaires étrangères, M. Efi Ben Mattityahu. (AFP)

