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Actualités - Chronologie

Iran : les partisans de Khameneï s'en prennent à Montazeri

Latente depuis des années, avec de brusques pointes ces derniers mois — notamment depuis l’élection à la tête de l’Etat de l’ayatollah Mohammad Khatami — la lutte entre modérés et conservateurs s’est brutalement aggravée hier avec l’attaque contre l’école coranique de l’ex-dauphin de l’imam Khomeiny, l’ayatollah Hossein Ali Montazéri, soumis en outre à de graves accusations politiques. Ces derniers temps, celui-ci, ainsi qu’un autre religieux, Ahmad Azari-Qomi, avaient pris position au fil des semaines contre les tenants du courant conservateur et remis en cause la légitimité constitutionnelle du Guide de la République, l’ayatollah Khamenéi.
Dans la journée de mercredi, une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes s’est déroulée dans la ville sainte de Qom. Des dizaines de manifestants avaient entrepris ensuite d’attaquer l’école coranique de Montazéri, dont ils ont brisé les vitres et détruit le mobilier en criant: «Ce nid d’espions doit être fermé». Au cours de la manifestation, des slogans violemment hostiles ont été lancés, demandant notamment l’exécution de Montazéri.
Plusieurs policiers ont été blessés en tentant de s’interposer, selon l’agence officielle IRNA, qui a ajouté que les locaux d’un autre religieux, l’ayatollah Ahmad Azari-Qomi, ont également été attaqués.
L’agence a précisé toutefois que les deux ayatollah étaient «en bonne santé» après ces attaques.
Les violences de Qom se sont doublées d’une virulente offensive politique avec la lecture dans la matinée au Parlement à Téhéran d’une lettre attribuée à Khomeiny dans laquelle le fondateur de la République islamique signifie à son dauphin Montazéri sa répudiation en termes sans appel.
«Vous n’avez plus de légitimité et je vous ai toujours considéré comme un naïf, mais maintenant, je peux dire que vous êtes naïf et injuste. Vous ne représentez plus rien, et naïf comme vous êtes, ne vous mêlez plus des affaires politiques», disait la lettre attribuée au fondateur de la République islamique.
Cette lettre datant du début de 1989 a été lue en séance plénière par l’ayatollah Mohammad-Reza Faker, député de la ville sainte de Machhad et membre influent de la majorité conservatrice.
L’existence de ce document était connue mais son contenu n’avait jamais été rendu public jusqu’à présent.
Officiellement, M. Montazéri avait renoncé le 28 mars 1989 à son titre de successeur désigné de l’imam Khomeiny après que celui-ci lui eut notamment reproché ses attaques de plus en plus fréquentes et virulentes contre la politique suivie en Iran et la poursuite de la guerre contre l’Irak (1980-88).
Selon la lettre lue mercredi, l’imam Khomeiny aurait accusé son ex-dauphin d’avoir «porté un grand tort à notre régime en envoyant des secrets à l’oppression mondiale» et lui aurait également «ordonné de se séparer de son entourage».
Cinq mois avant son exclusion, dix-huit personnes, membres de l’entourage de M. Montazéri, dont Fatollah Omid Najafabadi, son plus proche collaborateur, avaient été exécutées.
Déjà en octobre 1987, Mehdi Hachémi, frère de son gendre, avait été exécuté après avoir été accusé de «complot» contre l’imam Khomeiny. M. Hachémi avait été à l’origine des premières révélations du scandale de l’Irangate sur la livraison d’armes américaines à l’Iran.
Le retrait de M. Montazéri en 1989 avait été suivi de la désignation de l’ayatollah Khamenéi, à l’époque président de la République, comme guide et successeur officiel de Khomeiny.
La presse officielle se garde d’utiliser le titre d’ayatollah al-ozma (grand ayatollah) de M. Montazéri, qui vit en résidence surveillée à Qom depuis 1989 et fait depuis longtemps et régulièrement l’objet de tracasseries et de vexations policières.
Latente depuis des années, avec de brusques pointes ces derniers mois — notamment depuis l’élection à la tête de l’Etat de l’ayatollah Mohammad Khatami — la lutte entre modérés et conservateurs s’est brutalement aggravée hier avec l’attaque contre l’école coranique de l’ex-dauphin de l’imam Khomeiny, l’ayatollah Hossein Ali Montazéri, soumis en outre à de graves accusations politiques. Ces derniers temps, celui-ci, ainsi qu’un autre religieux, Ahmad Azari-Qomi, avaient pris position au fil des semaines contre les tenants du courant conservateur et remis en cause la légitimité constitutionnelle du Guide de la République, l’ayatollah Khamenéi.Dans la journée de mercredi, une manifestation rassemblant plusieurs milliers de personnes s’est déroulée dans la ville sainte de Qom. Des dizaines de...