Le Fonds monétaire international interviendra plus activement à l’avenir pour voler au secours des économies asiatiques dans la tourmente, mais il n’y aura pas de nouveau fonds spécial, comme cela avait été envisagé un temps, pour leur venir en aide.
La décision a été prise lors d’une réunion des vice-ministres des Finances de douze pays asiatiques, des Etats-Unis, du Canada, d’Australie et de Nouvelle-Zélande, ainsi que des principaux dirigeants du FMI et de la Banque mondiale pendant deux jours à Manille.
«Les vice-ministres sont convenus de la nécessité d’établir un cadre de coopération régionale pour favoriser les perspectives de stabilité financière», notent-ils dans un communiqué.
Le FMI a déjà eu à intervenir à deux reprises au cours des derniers mois pour voler au secours de l’Indonésie et de la Thaïlande en leur prêtant près de 60 milliards de dollars — et l’on redoute dans la région qu’il faille venir en aide à la Corée du Sud et à sa monnaie actuellement malmenée, le won.
Dans leur communiqué, les vice-ministres se disent confiants que l’Asie renouera rapidement avec des taux de croissance élevés. Rejetant les critiques de certains selon lesquels la récente tourmente asiatique est la preuve que la mondialisation économique est allée trop loin, ils soulignent que les marchés financiers libres constituent un atout substentiel pour toute économie.
Il apparaît que les Etats-Unis et le FMI ont fait prévaloir leur point de vue selon lequel il n’y aura pas de nouveau fonds spécial pour venir en aide à un éventuel nouveau domino asiatique.
Ils soulignent dans leur communiqué que tout crédit additionnel devra être négocié avec le FMI et dans le cadre de ses conditions strictes et ils s’abstiennent de la moindre allusion aux récentes propositions concernant l’éventuelle création d’un fonds spécial — le chiffre de 100 milliards de dollars avait été avancé — pour secourir les économies en difficulté.
Nouveau mécanisme
Washington et le FMI redoutaient que l’existence d’un tel fonds n’incite les gouvernements à opter, pour sortir de la crise, pour des solutions indolores plutôt que de subir les rigueurs qui accompagnent habituellement l’assistance du FMI.
Ils font valoir qu’un accord de coopération financière ne fera qu’accompagner les prêts du FMI. «Un tel soutien pourra être accordé dans des circonstances exceptionnelles en vue d’augmenter les réserves d’un pays après utilisation des ressources mises à disposition par le FMI», précisent-ils dans leur communiqué.
Cependant, des mesures nouvelles devront être prises pour renforcer la capacité d’intervention du FMI pour faire face à toute crise financière et les vice-ministres ont demandé au Fonds de mettre en place un nouveau mécanisme en mesure d’apporter des capitaux à court terme susceptibles d’accompagner les dispositions existantes à la lumière de la mondialisation croissante de l’économie et l’augmentation des flux de capitaux privés.
Les pays asiatiques devront quant à eux envisager de nouvelles méthodes d’analyse des évolutions de leurs économies, un contrôle dont les intéressés reconnaissent qu’il a fait en grande partie défaut dans le passé, mais dont ils reconnaissent qu’il est désormais au centre de leurs préoccupations à la suite de la crise thaïlandaise et de ses répercussions sur les pays de la région.
A la lumière de la crise régionale, les vice-ministres sont convenus de réunions régulières pour passer en revue l’évolution des situations: leur prochaine réunion est prévue au Japon début 1998.
A Tokyo, le ministre japonais des Finances, Hirochi Mitsuzuka, a dit s’attendre que les décisions prises lors de la réunion de Manille aident à stabiliser les monnaies asiatiques. (Reuter)


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