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Actualités - Chronologie

L'intérallié à la petite française, roman doux-amer

Le Prix Interallié 1997 a été attribué mercredi au journaliste Eric Neuhoff pour un roman doux-amer, snob et triste sur un amour entre un écrivain de trente ans et une «petite Française» de vingt ans.
Dès l’exergue, le ton est donné par une citation de Kay Thompson: «Ce que j’aime dans la vie, c’est inventer des tas de choses; ce que je déteste, c’est les histoires à l’eau de rose».
Difficile dès lors d’imaginer un «happy end» à ce drôle de roman qui mêle «Le Mépris» de Godard aux îles Eoliennes, le Cap Ferret et New York, Venise et l’Irlande, la mousse au chocolat et la cuisine italienne.
Le héros et narrateur est un écrivain presque raté. «Désormais, la presse me suffisait. J’avais abandonné beaucoup de mes ambitions. La plupart, disons-le. J’écrivais dans les journaux, des trucs sur les films, les livres, les restaurants. J’étais un célibataire aux goûts un peu incertains. Depuis six mois, ma chasteté était totale».
Un soir du mois d’août, à Paris, une jeune femme, sa voisine, sonne à sa porte. Elle vient d’être cambriolée et a peur d’aller toute seule chez elle. «Elle s’appelait Bébé et ne faisait que des bêtises. Du moins ce fut la façon qu’elle eut de se présenter».
«Sa visite m’obséda le reste de la nuit et une bonne partie du lendemain. Je me dis que je devrais essayer d’aimer Bébé».
Pendant quelques semaines, notre héros et Bébé vont jouer à cache-cache et puis finalement se trouver, se découvrir.
«Elle avait neuf ans à la mort d’Elvis Presley. Elle venait à peine de naître quand de Gaulle avait quitté le pouvoir. Elle avait eu la chance de ne pas connaître Mai 68. Moi j’étais né sous la IVe République. Elle a dix ans de moins que moi. Elle n’a jamais vu «Orange Mécanique». Elle ne sait même pas qui est Malcolm McDowell, ne fait aucune différence entre les Beatles et les Rolling Stones. J’adore ça. J’ai honte de tout ce qui s’est passé avant elle. Un jour, elle va me quitter forcément. Elle aura Paris à ses pieds, le monde à ses trousses».
Bébé a une blessure. Son père est mort dans l’explosion d’un Boeing de la TWA il y a dix ans. Elle se dispute souvent avec sa mère et ne parle pas souvent de son frère, Richard, qui vit en Amérique.
Mais la tristesse ne dure pas longtemps chez elle. Elle rêve d’habiter un bel appartement sur l’esplanade des Invalides et entraîne le narrateur sur la piste d’appartements luxueux, de maisons de week-end à louer à l’année.
D’emblée, le lecteur avait été prévenu. Comme dans «Les choses de la vie», le fil de l’histoire se coupe net sur un virage mal négocié d’une route de campagne. Le narrateur est blessé et Bébé sombre dans le coma.
«Nous n’avons pas eu le temps d’avoir des disputes. Certains jours, je maudis la terre entière. Je voudrais être mort».
Un soir, le narrateur revient au pied de l’immeuble où avait eu lieu la première rencontre. «Je ne sais pas ce que je viens chercher ici. Je n’ai jamais dit à personne que c’était elle qui conduisait. Je me suis éloigné. J’ai levé les yeux. Le ciel me parut petit». (AFP)
Le Prix Interallié 1997 a été attribué mercredi au journaliste Eric Neuhoff pour un roman doux-amer, snob et triste sur un amour entre un écrivain de trente ans et une «petite Française» de vingt ans.Dès l’exergue, le ton est donné par une citation de Kay Thompson: «Ce que j’aime dans la vie, c’est inventer des tas de choses; ce que je déteste, c’est les histoires à l’eau de rose».Difficile dès lors d’imaginer un «happy end» à ce drôle de roman qui mêle «Le Mépris» de Godard aux îles Eoliennes, le Cap Ferret et New York, Venise et l’Irlande, la mousse au chocolat et la cuisine italienne.Le héros et narrateur est un écrivain presque raté. «Désormais, la presse me suffisait. J’avais abandonné beaucoup de mes ambitions. La plupart, disons-le. J’écrivais dans les journaux, des trucs sur les...