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Actualités - Chronologie

Hélicoptères contre oiseaux Mange-Mil pour sauver les récoltes

La nuit tombe sur la région de Ségou, grenier à céréales du Mali actuellement dévasté par des centaines de milliers de petits oiseaux granivores appelés «mange-mil» ou encore «quéléa-quéléa».
Un hélicoptère «bombarde» à coups d’avicides une forêt où les oiseaux prédateurs ont installé leurs nids pour mieux écumer les champs de riz, de mil et de sorgho voisins. Des milliers de ces passereaux, gros comme un pouce, jonchent le sol.
«Un quart de la superficie des champs cultivés sont touchés», se lamente un expert agricole, responsable d’une base phytosanitaire, selon lequel les pertes enregistrées dans la région de Ségou à Mopti, au Nord, se chiffrent à 1,7 milliard de FCFA pour 12.000 hectares de cultures dévastées.
«La famine frappe à notre porte», ajoute un responsable de l’Office du Niger, la plus grande entreprise hydro-agricole du Mali.
De jour, le spectacle est étonnant: des centaines de milliers de quéléas dessinent dans le ciel des figures géométriques avant de s’abattre subitement sur un champ. Les paysans sont atterrés: en dix minutes, un hectare de culture est ainsi anéanti.
Ceux-ci implorent les esprits des ancêtres pour chasser ces minuscules oiseaux, qui ont même mystérieusement disparu du village de Kourimari… pour trouver refuge plus à l’Est.
La lutte anti-aviaire coûte cher: 790.000 FCFA pour une heure de location d’hélicoptère, sans compter l’épandage de 20.000 litres d’avicides, cyanox ou feuthion, pour tuer les passereaux. Mais ceux-ci sont toujours présents.
«C’est dur, très dur pour nous», confie un agronome malien, qui ne se rappelle pas avoir vu une telle invasion depuis 1957. Car, cette année, ces oiseaux migrateurs de la bande sahélienne, gros amateurs de riz, se sont sédentarisés dans la région de Ségou, qui pratique désormais la riziculture permanente de saison et de contre-saison.
Les quéléas, conquérants sont venus des pays voisins, Niger et région du fleuve Sénégal, où la lutte fait également rage pour éliminer plus de 2 millions de passereaux qui se sont installés dans une région qui a aussi développé la culture irriguée.
Mais un malheur ne vient jamais seul: les criquets se sont mêlés de la partie au Nord de Ségou pour s’en prendre aux riches pâturages du Macina, vers Mopti et Douenza, obligeant les services de la protection végétale à se battre sur deux fronts.
La période de soudure sera très dure, estime un expert agricole, l’apparition des quéléas et des criquets coïncidant en effet avec l’époque de maturation et de récolte des cultures.
Les prévisions étaient prometteuses: 273.000 tonnes de céréales, soit une augmentation de 7% par rapport à l’année dernière. L’invasion des petits prédateurs pourrait leur faire subir une sérieuse révision à la baisse. (AFP)
La nuit tombe sur la région de Ségou, grenier à céréales du Mali actuellement dévasté par des centaines de milliers de petits oiseaux granivores appelés «mange-mil» ou encore «quéléa-quéléa».Un hélicoptère «bombarde» à coups d’avicides une forêt où les oiseaux prédateurs ont installé leurs nids pour mieux écumer les champs de riz, de mil et de sorgho voisins. Des milliers de ces passereaux, gros comme un pouce, jonchent le sol.«Un quart de la superficie des champs cultivés sont touchés», se lamente un expert agricole, responsable d’une base phytosanitaire, selon lequel les pertes enregistrées dans la région de Ségou à Mopti, au Nord, se chiffrent à 1,7 milliard de FCFA pour 12.000 hectares de cultures dévastées.«La famine frappe à notre porte», ajoute un responsable de l’Office du Niger, la...