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Actualités - Chronologie

Le diamant de la Sierra Leone victime de l'anarchie

Le diamant sierra-léonais, l’un des plus purs du monde, d’une couleur et d’une qualité que n’affecte pas la taille, est lui aussi victime de l’anarchie ambiante dans le pays.
Huit exportateurs agréés étaient à jour de leur licence, payée 100.000 dollars annuels il y a moins de cinq ans.
Ils n’étaient que cinq en 1997, alors que la licence est de 30.000 dollars, «et je pense qu’il n’y en aura plus que deux l’an prochain», estime l’un d’entre eux.
A l’heure actuelle, trois de ces exportateurs agréés travaillent pour des intérêts libanais, deux pour des Israéliens.
Officiellement, selon les statistiques disponibles, le plus important des exportateurs a sorti pour deux millions de dollars de pierres brutes pendant les trois premiers mois de 1997. Ce chiffre est tombé à 700.000 dollars pour avril, mai et juin, à zéro depuis.
Le même exportateur avait livré plus de 48.000 carats en 1996 pour une valeur de plus de 5 millions de dollars.
La production de la Sierra Leone est évaluée par la Central Selling Organisation, l’instance de contrôle du marché mondial, à environ 450.000 carats par an.
Le diamant est taxé 2,5% de sa valeur à l’exportation, après estimation du bureau minier national, le Government Gold and Diamond Office (EDDO).
«Nous n’avons jamais de gros désaccords avec eux, maximum 1 à 2% de différence d’évaluation, ils sont bons mais quasiment réduits au chômage maintenant», affirme un exportateur.
Pourtant, de l’avis de tous, les mines continuent, même si le volume d’activité a baissé du fait de l’insécurité.
«C’est maintenant du chacun pour soi, militaires, rebelles, chasseurs traditionnels, anciens mercenaires sud-africains, tout le monde s’y met», ajoute un expert.
Il y a quelques jours, le chef des ministres du gouvernement, qui détient également le stratégique ministère des Mines, a publié un communiqué pour déplorer que les agents de l’administration aient été chassés du secteur minier de l’est du pays par les «pirates»...
Ce diamant est maintenant acheté par des Libanais ou par des Mandingues ouest-africains, qu’ils soient maliens, guinéens ou gambiens.
«Et comme les licences d’exportation sont moins chère au Liberia ou en Guinée, le marché s’est déplacé, nous laissant dans le marasme», affirme Frank Karefa-Smart, dans le métier depuis 32 ans.
«Nous sommes pénalisés par le manque de devises comme par la fermeture de l’aéroport», indique un responsable du bureau des mines.
Les banques n’ont pas rouvert leur portes depuis le coup d’Etat du 25 mai et aucun appareil commercial ne s’est posé à Freetown depuis la même date, l’aéroport étant occupé par les troupes nigérianes. «Je pense que tout doit partir sur la Guinée», estime l’expert, «vous devriez surveiller les départs de la SABENA Conakry, nos diamants y sont sans doute», ajoute-t-il.
«Le diamant est une malédiction. Il fait tourner les têtes»... ajoute un autre professionnel.
En 1972, le jour de la Saint-Valentin, était découverte la «star de Sierra Leone», troisième plus grosse pierre du monde avec 968,9 carats. Elle a été découpée en 17 pierres. (AFP)
Le diamant sierra-léonais, l’un des plus purs du monde, d’une couleur et d’une qualité que n’affecte pas la taille, est lui aussi victime de l’anarchie ambiante dans le pays.Huit exportateurs agréés étaient à jour de leur licence, payée 100.000 dollars annuels il y a moins de cinq ans.Ils n’étaient que cinq en 1997, alors que la licence est de 30.000 dollars, «et je pense qu’il n’y en aura plus que deux l’an prochain», estime l’un d’entre eux.A l’heure actuelle, trois de ces exportateurs agréés travaillent pour des intérêts libanais, deux pour des Israéliens.Officiellement, selon les statistiques disponibles, le plus important des exportateurs a sorti pour deux millions de dollars de pierres brutes pendant les trois premiers mois de 1997. Ce chiffre est tombé à 700.000 dollars pour avril, mai et...