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Actualités - Chronologie

Elstine sauve Tchoubaïs d'un scandale qui entache le gouvernement


Boris Eltsine a décidé provisoirement de sauver la tête du jeune réformateur Anatoli Tchoubaïs en dépit du scandale des avances touchées pour un ouvrage sur les privatisations, mais a sacrifié les autres hauts fonctionnaires coauteurs en qualifiant l’affaire d’«inadmissible».
Le président russe a refusé samedi la démission offerte par M. Tchoubaïs, numéro deux du gouvernement et premier vice-premier ministre, le plus connu des cinq coauteurs d’un livre sur les privatisations russes, qui ont touché chacun les honoraires mirobolants de 90.000 dollars pour leur participation à la rédaction.
Dans le même temps trois autres coauteurs de l’ouvrage, tous proches de M. Tchoubaïs, ont été libérés de leurs fonctions. Le ministre russe des Privatisations Maxime Boïko et le chef du Comité d’Etat aux faillites Piotr Mostovoï ont été limogés samedi, un jour après Alexandre Kazakov qui occupait le poste de chef adjoint de l’administration présidentielle.
Le prédécesseur de M. Boïko, Alfred Kokh, également parmi les auteurs du livre, avait été écarté du gouvernement en août dernier.
«Le président ne considère pas que (dans cette affaire) la loi a été violée mais il estime que les actions des fonctionnaires ne sont pas normales», a expliqué un communiqué du Kremlin.
Seul rescapé de ce scandale, M. Tchoubaïs, nommé en mars au gouvernement lors d’un remaniement qui a marqué l’entrée des réformateurs, n’en a pas moins été sévèrement réprimandé par le président pour avoir participé à cet ouvrage.
«Le chef de l’Etat lui a dit que de telles actions étaient inadmissibles», poursuit le communiqué.
M. Tchoubaïs a lui-même reconnu vendredi que «les honoraire touchés avaient été élevés et les reproches fondés», donnant ainsi pour la première fois raison à ses détracteurs qui estiment ces honoraires excessifs pour un livre ne promettant pas, a priori, d’être un grand succès de librairie.
M. Tchoubaïs, bête noire des communistes et des nationalistes majoritaires à la Douma (chambre basse du Parlement), et par certains groupes financiers russes, est par contre très apprécié dans les milieux d’affaires étrangers.
C’est à cela qu’il doit son sursis, selon Andreï Piontkowski, analyste à l’Institut d’études stratégiques.

Les capitaux étrangers

«La présence de Tchoubaïs au gouvernement est un important indicateur de stabilité et de poursuite des réformes en Russie pour les investisseurs étrangers, qui en revanche ne savent généralement pas qui sont MM. Boïko et Mostovoï», dit M. Piontkowski.
«Accepter la démission de Tchoubaïs aurait signifié un retrait massif des capitaux étrangers. M. Eltsine a sûrement pensé à l’ouverture des marchés boursiers lundi matin», poursuit-il.
Toutefois, selon cet analyste, M. Eltsine ne fait que «jouer avec le temps pour éviter une crise». «Après cet incident, M. Tchoubaïs est devenu le mouton noir du gouvernement, il a détruit de ses propres mains sa carrière politique», selon M. Piontkowski.
En procédant à cette série de limogeages, M. Eltsine, «qui a longuement examiné les éléments du dossier» selon le Kremlin, a clairement voulu laver de tout soupçon le gouvernement russe régulièrement éclaboussé par des affaires de corruption.
«Ni moi, ni Eltsine n’étions au courant de la publication du livre ni des honoraires considérables» touchés pour sa rédaction, a déclaré le premier ministre Viktor Tchernomyrdine.
Le scandale du livre est une «sale» histoire qui «ne peut pas faire de bien au renom du gouvernement», a-t-il ajouté. (AFP)
Boris Eltsine a décidé provisoirement de sauver la tête du jeune réformateur Anatoli Tchoubaïs en dépit du scandale des avances touchées pour un ouvrage sur les privatisations, mais a sacrifié les autres hauts fonctionnaires coauteurs en qualifiant l’affaire d’«inadmissible».Le président russe a refusé samedi la démission offerte par M. Tchoubaïs, numéro deux du gouvernement et premier vice-premier ministre, le plus connu des cinq coauteurs d’un livre sur les privatisations russes, qui ont touché chacun les honoraires mirobolants de 90.000 dollars pour leur participation à la rédaction.Dans le même temps trois autres coauteurs de l’ouvrage, tous proches de M. Tchoubaïs, ont été libérés de leurs fonctions. Le ministre russe des Privatisations Maxime Boïko et le chef du Comité d’Etat aux faillites Piotr...