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Actualités - Chronologie

L'ONU semble se résigner à des frappes US contre l'Irak (photos)

L’ONU, après trois semaines d’intenses et vains efforts diplomatiques pour désamorcer la crise avec l’Irak, semble désormais se résigner à voir Washington user de la force pour faire plier Saddam Hussein, quoique les diplomates de l’ONU veulent encore croire à une chance de résoudre pacifiquement la crise provoquée par l’expulsion des experts américains de la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (Unscom).
L’ambassadeur de Suède à l’ONU, Hans Dahlgren, qui siège au Conseil de Sécurité, a déclaré sur la chaîne de télévision CNN que «toutes les voies politiques possibles devaient être explorées». L’ambassadeur d’Egypte, Nabil el-Araby, qui est aussi membre du Conseil, a employé les mêmes termes pour souhaiter poursuivre les efforts diplomatiques.
Mais ni l’un ni l’autre n’ont avancé d’idées sur ce que pouvaient être ces nouveaux efforts.
Aucune consultation du Conseil de Sécurité n’était d’ailleurs prévue au moment où les Etats-Unis renforçaient leur armada navale dans le Golfe et où l’Irak se préparait à des frappes militaires.
«Que peut-on faire de plus?», s’interrogeait récemment un diplomate occidental. Celui-ci relevait que, depuis le début de la crise, le 23 octobre, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, avait dépêché début novembre trois émissaires à Bagdad pour tenter de convaincre les Irakiens de revenir sur leur décision.
Après avoir écouté pendant trois jours les griefs de l’Irak contre le sévère embargo qui le frappe depuis sept ans, les trois émissaires de l’ONU sont revenus les mains vides à New York.
Tarek Aziz est lui aussi venu en personne à New York, et certains diplomates, notamment russes et français, espéraient que le dirigeant irakien, considéré comme un pragmatique, ferait un geste vis-à-vis de l’ONU. Les diplomates ont attendu en vain.

Conséquences
graves

Le Conseil de Sécurité a successivement menacé l’Irak de renforcer les sanctions, averti Bagdad de «conséquences graves», mis à exécution sa menace en imposant des restrictions de voyage à des responsables irakiens, et a enfin «condamné» l’Irak. Mais sans entamer l’intransigeance de Saddam Hussein.
Mais un diplomate a estimé que, dans toutes les longues discussions du Conseil, Washington cherchait surtout «à grignoter quelques expressions menaçantes» qui lui permettraient, le moment venu, de se réclamer du Conseil de Sécurité pour frapper l’Irak.
Inversement, la Chine, la Russie, la France — trois membres permanents avec droit de veto — et l’Egypte, qui sont hostiles à des opérations militaires contre l’Irak, ont tenté à chaque fois d’adoucir le langage du Conseil.
La Russie a déjà fait savoir à plusieurs reprises qu’elle s’opposerait à un feu vert du Conseil à une opération militaire.
Dans ces conditions, les efforts en cours du côté américain comme du côté irakien visent plus à mobiliser des soutiens qu’à chercher une issue négociée à la crise, a estimé un diplomate.
La tournée éclair dimanche du secrétaire d’Etat américain Madeleine Albright à Bahrein, Koweit et en Arabie Séoudite, trois pays de la ligne de front face à l’Irak, semblait ainsi faire écho à celle que devait entreprendre le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz dans plusieurs pays du Maghreb et du Proche-Orient.
De même, l’intention exprimée par le président américain Bill Clinton de poursuivre «avec vigueur» l’option diplomatique «dans les jours à venir» semble surtout destinée à tenter de reconstituer l’ancienne coalition de la guerre du Golfe, qui avait rejeté en 1991 les forces irakiennes hors du Koweit.
Pour un diplomate, la question était ainsi moins de savoir si les Etats-Unis allaient frapper que de savoir quand.
Les Etats-Unis ont dépêché le porte-avions USS George Washington dans le Golfe, où ils disposent déjà d’une flottille de 17 navires dont un porte-avions, le Nimitz. La Grande-Bretagne a pour sa part envoyé en Méditerranée son porte-avions HMS Invincible.
Des frappes américaines semblent toutefois peu probables pendant la durée de la conférence économique régionale de Doha, de dimanche à mardi, alors que la plupart des pays arabes sont hostiles à une action de force contre l’Irak, selon un diplomate.
A moins que Bagdad n’en donne le prétexte en tirant sur l’avion espion américain U-2 qui effectue des vols au-dessus de l’Irak pour le compte de l’ONU. (AFP)
L’ONU, après trois semaines d’intenses et vains efforts diplomatiques pour désamorcer la crise avec l’Irak, semble désormais se résigner à voir Washington user de la force pour faire plier Saddam Hussein, quoique les diplomates de l’ONU veulent encore croire à une chance de résoudre pacifiquement la crise provoquée par l’expulsion des experts américains de la Commission spéciale sur le désarmement de l’Irak (Unscom).L’ambassadeur de Suède à l’ONU, Hans Dahlgren, qui siège au Conseil de Sécurité, a déclaré sur la chaîne de télévision CNN que «toutes les voies politiques possibles devaient être explorées». L’ambassadeur d’Egypte, Nabil el-Araby, qui est aussi membre du Conseil, a employé les mêmes termes pour souhaiter poursuivre les efforts diplomatiques.Mais ni l’un ni l’autre n’ont...