L’issue du scrutin dans cette ville de plus de 650.000 habitants coincée entre mer et collines et qui détient l’un des records en matière de chômage dans le nord du pays est incertaine.
La coalition de centre-gauche L’Olivier, au pouvoir dans le pays, et surtout le Parti de la gauche démocratique (PDS) qui domine la coalition, n’est pas sûre d’importer la mise.
Le maire sortant, l’ex-magistrat Adriano Sansa, se représente mais après avoir divorcé d’avec le PDS qui l’avait choisi en 1993 pour représenter ses couleurs.
Accusé de ne pas «avoir fait suffisamment pour la ville» et «d’être loin de la culture politique» du PDS, M. Sansa a été destitué au profit d’un ancien député proche des socialistes, Giuseppe Pericu, professeur de droit.
Selon le PDS, M. Pericu, 60 ans, est «plus capable et plus doué» pour redonner l’élan nécessaire à la cité, repliée sur elle-même et «bougonnante» selon l’expression de ses habitants.
Pour M. Pericu, le modèle à suivre est Naples (Sud), qui malgré «une situation de base plus difficile (45% de chômage et un fort taux de criminalité) se vante à présent de faire le plein de touristes».
Le maire sortant répond que «même si Gênes et Naples sont au bord de l’eau, elles ne sont pas comparables».
Il a décidé de conduire sa propre liste, issue de la société civile, avec comme slogan «sauver la ville des dangers de la partitocratie», autrefois incarnée par la Démocratie Chrétienne et à présent, selon lui, par le PDS.
M. Sansa, 57 ans, explique sa destitution par son refus de se plier aux exigences du PDS notamment dans le choix des adjoints et affirme que son action a été «entravée par les appareils». Il met en avant son «indépendance» et un budget assaini.
Au coude à coude
Un récent sondage pronostiquait un résultat serré entre les deux «frères ennemis», avec un léger avantage pour le maire sortant, talonné toutefois par un candidat de droite, l’ex-député de la Ligue du Nord, Sergio Castellaneta, qui mène une liste elle aussi issue de la société civile.
Selon ce sondage, 35% des électeurs restaient indécis.
Les communistes du Parti de la refondation communiste (PRC) présentent leur propre candidat mais devraient néanmoins reporter leurs voix sur M. Pericu au 2e tour.
La droite se présente aussi en ordre dispersé. M. Castellaneta, 65 ans, qui a rompu en 1994 avec les sécessionnistes, ne se réclame d’aucun parti.
Adulé par ses militants pour son «franc-parler», ce président de l’Ordre des médecins de la province de Gênes, semble avoir suscité l’engouement d’une partie de l’électorat de droite au détriment du candidat du Pôle des Libertés (coalition de centre-droit), Claudio Eva.
Ce dernier a été parachuté à la dernière minute après la défection pour raison de santé du candidat initial.
Les candidats s’accordent quand même sur une priorité: la lutte contre le chômage dont le taux approchait 13% en 1996. Gênes se remet difficilement de la crise de la sidérurgie et des transports maritimes qui a touché de plein fouet le port au début des années 1980.
La cité, qui fut l’un des centres industriels les plus importants d’Italie après 1945, a perdu plus de 165.000 habitants en l’espace de 25 ans. Près de 24% des habitants ont plus de 65 ans.
La relance de l’activité passe pour la plupart des candidats par la poursuite de la relance du port mais aussi par une promotion touristique de «la ville aux 200 palais». (AFP)

