«L’objectif est d’organiser une cérémonie d’ouverture du site pour l’an 2000», a indiqué le porte-parole du ministère du Tourisme, Mme Orly Doron.
Le ministre Moshé Katzav a assuré que le gouvernement apporterait son aide financière, lors d’une visite des ruines d’une église byzantine du Ve siècle, construite en octogone autour de la pierre qui vient d’être redécouverte.
M. Katzav, se fondant sur une estimation «tout à fait préliminaire», a chiffré à 1,5 million de dollars le coût de la préservation des ruines, situées sur la route conduisant de Jérusalem à Bethléem, à la limite de la Cisjordanie.
Des archéologues israéliens ont cependant avancé un coût allant de deux à dix millions de dollars, selon l’ampleur des restaurations.
Le département israélien des Antiquités avait révélé dimanche la découverte de la pierre et des ruines de l’église, nommée «Kathisma» (le siège en grec) par les chroniqueurs du Moyen Age.
Les Palestiniens sceptiques
Marie, enceinte de Jésus, s’est assise sur cette pierre alors qu’elle se rendait à Bethléem, sur un âne mené par Joseph, selon la tradition chrétienne.
L’Eglise orthodoxe grecque, à qui appartient le terrain, a authentifié la découverte. Le patriarche de Jérusalem, Diodoros Ier, a parlé d’une «découverte d’une importance considérable, d’un véritable trésor pour tous les chrétiens».
Pavée de mosaïques dont on peut voir encore de beaux fragments, l’église — 43 mètres sur 52 — est l’une des plus grandes jamais découvertes en Terre Sainte, selon une archéologue du département des Antquités, Mme Rina Avner. Elle fut détruite au VIIIe siècle et reconstruite autour du XIIe avant d’être à nouveau démolie.
Le métropolite Timothée de l’Eglise orthodoxe grecque, a appelé M. Katzav à apporter une aide pour que le site soit prêt pour les nombreux pèlerins qui doivent affluer en Terre Sainte à l’occasion du 2000e anniversaire de la naissance du Christ.
M. Katzav a répondu qu’Israël apporterait sa contribution «pour terminer les fouilles et pour développer le site pour l’an 2000».
Israël a donné une large publicité à la découverte du site dimanche. Mais les archéologues israéliens connaissaient son existence depuis que des ouvriers avaient mis au jour certains restes en élargissant la route Jérusalem-Bethléem, il y a cinq ans. A l’époque, personne n’avait manifesté un grand intérêt.
Quand de nouveaux restes ont été récemment trouvés, à l’occasion des travaux de construction de la nouvelle colonie juive de Har Homa, non loin de là, le gouvernement israélien a décidé d’agir, apparemment appâté par les gains touristiques escomptés pour le jubilé chrétien.
Bethléem, sous contrôle de l’Autorité palestinienne depuis 1995, échappe aux autorités israéliennes qui ont décidé de développer des sites alternatifs, notamment Nazareth, en territoire israélien.
Un responsable des Antiquités palestiniennes, M. Mouïn Sadeq, s’est interrogé sur le soudain intérêt manifesté par Israël pour l’église Kathisma.
«Cette révélation a été faite maintenant pour des raisons qui sont d’abord économiques», a-t-il déclaré à l’agence palestinienne WAFA.
«Israël veut l’utiliser en concurrence avec les célébrations de l’an 2000 que l’Autorité palestinienne prépare à Bethléem», a-t-il dit. (AFP)

