Le «fleuron» de ces projets, la création d’une Banque de développement pour le Proche-Orient, dotée d’un capital de 5 milliards de dollars, devait démarrer ses opérations fin 1997, selon la résolution finale de la dernière conférence économique qui avait eu lieu en 1996 au Caire.
«Elle est toujours inopérante», ont constaté les experts.
Seule une «équipe de transition», dirigée par un ex-ambassadeur américain, M. David Dunford, et comprenant des représentants du Canada, d’Italie, d’Israël, d’Egypte, des Pays-Bas et du Japon, s’est installée en mai dans des bureaux situés dans un immeuble du Caire.
«Pour le moment, nous nous occupons de mettre en route la politique et l’organisation de la banque, de rédiger l’accord d’installation du siège avec l’Egypte, et nous avons commencé à examiner quelques projets que nous pourrions financer», a déclaré le représentant égyptien M. Wafik Grais.
Lors de son passage le 9 octobre au Caire, le sous-secrétaire d’Etat américain pour les Affaires économiques et agricoles, Stewart Eizenstat, avait visité les bureaux «pour remonter le moral du personnel» et réitérer l’appui des Etats-Unis à la banque.
Mais tout est aujourd’hui suspendu au processus de paix. «Nous pourrions commencer très rapidement, début 1998 par exemple, mais il faudrait que la situation politique dans la région se clarifie, c’est-à-dire que les négociations israélo-palestiniennes sortent de l’enlisement», reconnaît Wafik Grais.
Les fondateurs
Outre les Etats-Unis, le Japon, la Russie, le Canada, l’Egypte, Israël, la Jordanie, l’Autorité palestinienne, la Corée du Sud, l’Italie, les Pays-Bas, l’Autriche, la Grèce, la Turquie, Malte, Chypre, l’Algérie, le Maroc et la Tunisie figurent au nombre des fondateurs de la nouvelle institution.
La création de deux autres grandes institutions économiques avait été également entérinée par la conférence du Caire. Elles n’existent que sur le papier. Il s’agit de l’Association pour le voyage et le tourisme au Proche-Orient et en Méditerranée (MEMTTA) et du Conseil régional des affaires destiné à stimuler le secteur privé.
Par ailleurs, le groupe ministériel de Taba (ville d’Egypte) chargé de promouvoir le commerce entre Israël, l’Egypte, la Jordanie, les Etats-Unis et l’Autorité palestinienne, n’a de son côté rien donné.
Cette nouvelle structure de coopération devait en mars 1997 «lancer un programme d’action afin d’éliminer les barrières entravant les échanges commerciaux». Tout est resté lettre morte.
Sensible aux difficultés que commençait à connaître le processus de paix avec l’arrivée au pouvoir en Israël de Benjamin Netanyahu en mai 1996, la conférence du Caire avait déjà mis sous le boisseau d’autres grands projets d’intégration régionale.
Présenté lors des conférences économiques régionales de Casablanca en 1994 et d’Amman un an plus tard, le projet de «voie ferrée de la paix» — devant relier la Turquie à l’Egypte, via la Syrie, le Liban, Israël et la bande de Gaza — n’a même plus été évoqué au Caire.
Un gigantesque projet de raccordement des réseaux électriques d’Israël et de ses voisins a également été abandonné au profit de plusieurs projets de raccordement entre deux ou trois pays arabes.
«A Doha, il risque d’y avoir encore moins de grain à moudre car je vois mal des pays arabes signer des accords avec l’Etat hébreu dans la situation actuelle», a résumé un expert européen en poste au Caire. (AFP)

