Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

L'Emirat qui mise tout sur l'Amérique

Qatar est le pays du Golfe qui a misé le plus ouvertement sur les Etats-Unis ces dernières années. La quatrième Conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, qui doit se tenir du 16 au 18 novembre à Doha en présence d’Israël, est boycottée par de nombreux pays arabes, mais fermement soutenue par les Etats-Unis.
Présence militaire, investissements de grandes compagnies pétrolières, «l’américanisation de Qatar depuis la guerre du Golfe a été phénoménale», constate un diplomate européen à Doha.
Avant la guerre contre l’Irak en 1991, «les Américains, on ne connaissait pas. Il y en avait 300, y compris ceux qui avaient une double nationalité», souligne un expert économique occidental.
D’après le consulat des Etats-Unis, les Américains sont actuellement entre 3.000 et 3.500 à Qatar.
Dans les années 1980, Qatar avait des relations difficiles avec Washington qui n’avait pas d’intérêts dans ce petit pays de 625.000 habitants, petit producteur de pétrole.
Les Etats-Unis avaient notamment réclamé en vain la restitution de missiles Stinger de fabrication américaine. Qatar avait exhibé lors d’un défilé militaire ces missiles antiaériens, revendus au marché noir par les Moudjahidine afghans qui les avaient reçus pour lutter contre l’Union Soviétique.
Mais pour reconstituer ses réserves pétrolières, puis exploiter ses gigantesques réserves de gaz naturel, les troisièmes au monde, Qatar s’est ouvert aux compagnies étrangères, éveillant l’intérêt des pétroliers américains.
Arco, Amoco, Chevron, Occidental, Pennzoil ont investi dans l’exploitation du pétrole et Mobil s’est lancé dans la liquéfaction de gaz, dont les exportations ont commencé fin 1996.

Coopération
stratégique

Dans le même temps, Doha a proposé une coopération stratégique aux Etats-Unis, après que le président irakien Saddam Hussein eut envahi le Koweit et menacé tous ses voisins.
«Qatar a fait des ouvertures aux Etats-Unis et nous y avons répondu avec plaisir», résume discrètement un diplomate américain.
L’étendue de la coopération militaire n’a pas été rendue publique, à la demande de Qatar. Celui-ci a accepté en 1995 d’entreposer sur son sol l’armement d’une brigade blindée de l’armée américaine, soit 2.500 hommes.
Les responsables américains dans le Golfe ont refusé de commenter des informations sur le «prépositionnement» de l’équipement d’une deuxième brigade. «C’est le plus grand prépositionnement dans la région», a cependant confié l’un d’eux.
«La guerre du Golfe a démontré qu’aucun pays ne pouvait être absolument sûr de ne pas être entièrement détruit et Qatar s’est tourné vers les Etats-Unis», a expliqué un diplomate occidental.
Un autre facteur a été l’accession au trône d’un nouvel émir, plus pro-occidental que son père qu’il a déposé en 1995, a-t-il ajouté.
Washington avait été la première capitale a reconnaître cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, 45 ans, après cette révolution de palais.
Qatar présente plusieurs avantages pour les Etats-Unis, explique un diplomate: «Sa population est plus homogène que celle de l’Arabie Séoudite ou de Bahrein. Les musulmans chiites représentent moins de 10% de la population autochtone et ne sont pas considérés comme une menace».
«C’est un pays plus stable et plus sûr», ajoute-t-il. La situation de cette péninsule dans le tiers sud du Golfe est stratégique et ses ressources sont encore largement inexploitées, conclut-il.
Le rapprochement avec l’Amérique n’a pas empêché l’émir de critiquer vertement à Washington la politique américaine du «double endiguement» de l’Irak et de l’Iran, avec lesquels Doha entretient de bonnes relations.
Et quand les capitales de la région ont fait pression sur Qatar pour qu’il reporte ou annule la conférence de Doha, les Qatariotes ont répondu que cette rencontre étant voulue par les Etats-Unis, c’était à Washington de l’annuler. (AFP)
Qatar est le pays du Golfe qui a misé le plus ouvertement sur les Etats-Unis ces dernières années. La quatrième Conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord, qui doit se tenir du 16 au 18 novembre à Doha en présence d’Israël, est boycottée par de nombreux pays arabes, mais fermement soutenue par les Etats-Unis.Présence militaire, investissements de grandes compagnies pétrolières, «l’américanisation de Qatar depuis la guerre du Golfe a été phénoménale», constate un diplomate européen à Doha.Avant la guerre contre l’Irak en 1991, «les Américains, on ne connaissait pas. Il y en avait 300, y compris ceux qui avaient une double nationalité», souligne un expert économique occidental.D’après le consulat des Etats-Unis, les Américains sont actuellement entre 3.000 et 3.500 à Qatar.Dans...