Après de longues et vives discussions, le pape Jean-Paul II et ses collaborateurs ont estimé que pour ce synode l’Amérique du Nord et du Sud pouvaient être unifiées en une seule «Amérique», du cap Horn au détroit de Béring en passant par la mer des Antilles et le golfe du Mexique.
Jean-Paul II a voulu lancer un grand défi au seuil de l’an 2000: «unifier le continent au nom du Christ» par un travail d’évangélisation qui tient compte des différences mais qui s’inspire de la valeur évangélique de la charité pour bâtir un principe d’unité, selon un commentateur ecclésiastique à Rome.
Il s’agira, selon ce dernier, de véritables états généraux de la moitié des catholiques du monde. Selon l’annuaire statistique du Vatican, 494 millions des 989 millions de fidèles de l’Eglise de Rome vivent aux Amériques, une population où se mêlent Inuit, Asiatiques, Indiens, descendants d’Africains, d’Irlandais ou d’Italiens.
Parmi les problèmes communs au continent américain figurent, pour le Vatican, ceux qui concernent la famille.
Les séparations, les divorces, la contraception, l’avortement, la violence familiale, une formation «inadéquate» à la sexualité divulguée dans l’éducation sont dénoncés avec force par le document de base qui sera discuté par les 200 cardinaux, évêques et religieux représentant la curie romaine et les 23 conférences épiscopales américaines.
Agressivité
Le problème des sectes, commun au Sud et au Nord, sera aussi au centre des discussions.
«Il existe, dans tout le continent, affirme le document de base, un consensus général sur le sérieux problème posé par ces nouveaux mouvements religieux et les sectes en raison du prosélytisme et du fanatisme qui les caractérisent.»
«Ils se développent avec une telle ampleur, qu’en Amérique centrale, aux Caraïbes et en Amérique du Sud, on parle d’«invasion» car nombre de ces groupes proviennent surtout des Etats-Unis d’Amérique avec d’abondantes ressources économiques pour mener à bien leurs campagnes.»
Le document évoque un «plan coordonné de la part de toutes les sectes pour altérer l’identité religieuse actuelle de l’Amérique latine qui, non seulement est essentiellement chrétienne, mais aussi catholique». «En général, affirme le texte, les mouvements religieux et les sectes prêchent avec agressivité contre l’Eglise catholique».
La question de la dette extérieure et de l’équilibre économique global sera également évoquée par les évêques du riche Nord et ceux d’une Amérique du Sud en proie aux difficultés économiques.
Le document de travail suggère de trouver les solutions «dans le cadre de la globalisation de l’économie internationale, à partir des principes éthiques fondamentaux selon lesquels chacune des parties assume solidairement les responsabilités pour la construction du futur».
Jean-Paul II assistera à toutes les séances du synode, qui sera présidé en son nom par les cardinaux Eugenio de Araujo Sales, archevêque de Rio de Janeiro, Roger Michale Mahony, archevêque de Los Angeles, et l’archevêque colombien Dario Castrillon Hoyos, préfet de la congrégation vaticane pour le clergé. (AFP)

