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Actualités - Chronologie

Israël ira, mais sans trop y croire

Israël va participer à la conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord à Doha, sans illusion sur l’intérêt d’un tel forum au moment où le processus de paix israélo-arabe est bloqué.
Le premier ministre Benjamin Netanyahu n’a jamais caché qu’il ne croyait pas au «nouveau Proche-Orient», havre de paix et de prospérité, dont son prédécesseur travailliste Shimon Pérès s’était fait l’ardent avocat.
Seuls les grands patrons tentent encore, au moins publiquement, de maintenir l’espoir, malgré le boycottage de la conférence par plusieurs pays arabes et le bas niveau de représentation des autres.
Le scepticisme s’est traduit par une valse-hésitation du ministre des Affaires étrangères David Lévy, qui devrait en principe diriger la délégation israélienne à la conférence, prévue de dimanche à mardi. Il a affirmé qu’il ne prendrait sa décision qu’à la dernière minute, de crainte de se retrouver seul chef de la diplomatie d’un pays de la région à Doha.
M. Netanyahu éprouve de sérieux doutes sur l’utilité de ce forum. «Les trois précédentes conférences n’ont pratiquement débouché sur aucun projet concret», déclare à l’AFP M. David Bar-Illan, porte-parole du premier ministre.
«Ce genre de manifestation n’est pas très efficace pour les affaires, qui doivent se traiter directement entre chefs d’entreprise», ajoute-t-il.
Le ministre du Commerce et de l’Industrie Nathan Chtcharansky, qui doit participer à la conférence, a affirmé qu’il ne «fallait pas se faire trop d’illusions sur ses retombées».
Pour M. Netanyahu, Israël est appelé à devenir un des premiers centres mondiaux de haute technologie. Son rêve est de transformer son pays en une «nouvelle Silicon Valley» tournée non pas vers les pays arabes, mais vers les marchés américains, européens et asiatiques.
«Plus de 90% de notre commerce se fait avec les pays industrialisés et moins de 1% au Proche-Orient», a souligné M. Netanyahu en appelant les pays arabes à ne pas «commettre l’erreur de lier la politique et l’économie, ce qui leur serait beaucoup plus dommageable que pour Israël».
A Doha, l’Etat hébreu va maintenir un profil bas. La brochure intitulée «Partenariat dans le développement 1998», qui présente les projets israéliens, est deux fois moins épaisse que celle qui avait été distribuée l’an dernier à la conférence du Caire.
«Mieux vaut éviter de présenter des projets grandioses, qui n’ont jamais eu le moindre commencement d’exécution, et se contenter de propositions plus réalistes», note M. Bar-Illan.
Pour la première fois dans cette brochure, des projets d’infrastructures en Israël sont présentés — autoroutes, métro de Tel-Aviv, ports — aux côtés de projets israélo-arabes.
«Les pays arabes présentent dans leur brochure leurs propres projets, pour tenter d’attirer des investisseurs étrangers. Il n’y a pas de raison que nous ne fassions pas de même», affirme le directeur pour l’économie du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères, M. Mark Sofer.
La délégation ne comprend que 35 hommes d’affaires, contre une centaine l’an dernier au Caire. Moins nombreux, les patrons tentent malgré tout de faire bonne figure. «A Doha nous espérons nouer des contacts avec les hommes d’affaires du Golfe», indique le président de l’Association des industriels israéliens, Dan Propper.
Le président des Chambres de commerce, Danny Gillerman, reconnaît toutefois que les chances de signer des contrats «tendent à zéro dans le climat politique actuel». (AFP)
Israël va participer à la conférence économique pour le Proche-Orient et l’Afrique du Nord à Doha, sans illusion sur l’intérêt d’un tel forum au moment où le processus de paix israélo-arabe est bloqué.Le premier ministre Benjamin Netanyahu n’a jamais caché qu’il ne croyait pas au «nouveau Proche-Orient», havre de paix et de prospérité, dont son prédécesseur travailliste Shimon Pérès s’était fait l’ardent avocat.Seuls les grands patrons tentent encore, au moins publiquement, de maintenir l’espoir, malgré le boycottage de la conférence par plusieurs pays arabes et le bas niveau de représentation des autres.Le scepticisme s’est traduit par une valse-hésitation du ministre des Affaires étrangères David Lévy, qui devrait en principe diriger la délégation israélienne à la conférence, prévue de...