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Actualités - Chronologie

Hassan II espère qu'une volonté d'alternance sortira des urnes

Après deux semaines de campagne électorale terne et peu politisée, treize millions d’électeurs marocains, dont plus de la moitié sont analphabètes, se rendront aux urnes demain afin de désigner, pour 5 ans et au suffrage universel direct à un tour, 325 députés parmi 3.319 candidats.
Le roi Hassan II, qui est dans sa 37e année de règne, a fait savoir à plusieurs reprises qu’il souhaitait qu’une volonté de changement sorte des urnes afin qu’il puisse mettre en œuvre une «politique d’alternance», déjà proposée en 1995 mais rejetée, à l’époque, par une «opposition» largement minoritaire dans le pays.
Celle-ci, en effet, avait refusé l’offre du roi d’entrer au gouvernement, notamment sous le prétexte que le palais royal ne voulait pas se séparer de son fidèle serviteur, le tout puissant ministre de l’Intérieur Driss Basri.
Le souverain, cependant, tout en semblant agacé par l’immobilisme de la classe politique marocaine, a également indiqué que le gouvernement qu’il entendait désigner vers la mi-décembre serait «issu de la nouvelle carte politique» du pays. Or rien n’indique que celle-ci sera sensiblement différente de l’ancienne.
A en juger, en effet, par les résultats des élections municipales de juin dernier, le monde politique marocain est toujours composé de trois grands blocs à peu près de même taille, avec une «opposition» quelque peu hétéroclite qui a recueilli un tiers des suffrages, un centre-droit issu des partis dits «administratifs» d’un même poids et un troisième tiers représenté par des formations politiques pro-gouvernementales.
A en juger, également, par les «programmes» des 16 partis du royaume, élaborés en hâte à la demande expresse du roi qui avait regretté qu’aucune réflexion sérieuse n’ait été menée par les hommes politiques, rien n’indique non plus qu’une véritable «alternance» puisse sortir de la classe politique actuelle.

Priorité aux grands
dossiers

Seule, l’Union socialiste des forces populaires (USEP) a mis sur le papier quelques idées, mais qui ressemblent davantage à une liste de doléances qu’à un véritable programme de gouvernement, en prônant notamment la suppression de la corruption, et des réformes en profondeur comme celles du système judiciaire ou de la fiscalité, sans vraiment indiquer comment y parvenir.
L’Istiqal, allié théorique de l’USFP au sein de la «Koutla» (bloc démocratique) a quant à lui un «programme» nettement moins détaillé et son secrétaire général, l’ancien ministre des Affaires étrangères, M’hamed Boucetta, s’est contenté d’affirmer que le Maroc devait donner la «priorité absolue» aux trois grands dossiers que sont le Sahara, l’emploi et l’enseignement. «Il est nécessaire, a-t-il ajouté, de se mobiliser derrière Sa Majesté le Roi pour la réalisation de ces trois objectifs nationaux».
En définitive, souligne-t-on dans les milieux intellectuels de la capitale marocaine, une «politique d’alternance» ne pourra être mise en œuvre que par le roi lui-même, et celui-ci l’a déjà annoncée le 3 mars dernier, à l’occasion du 36e anniversaire de son intronisation, en déclarant que le Maroc avait besoin de «davantage de justice sociale».
Au lendemain d’élections qui, estime-t-on, ne sont pour les Marocains qu’une étape dans «l’apprentissage de la démocratie», le souverain devrait logiquement trouver une majorité parlementaire avec l’addition de deux des trois tendances politiques marocaines, à savoir l’opposition et le centre-droit, et ceci avec ou sans le ministre de l’Intérieur Driss Basri.
Si ce schéma s’avère le bon, le Maroc aura, comme il en a déjà eu dans le passé, une sorte de gouvernement d’union nationale avec de solides techniciens apolitiques aux postes-clés. Sa tâche sera de résoudre une «crise» que toute la presse évoque et dont les principales composantes sont notamment le chômage, la faillite du système éducatif et un environnement économique qui, quoi que dise le pouvoir en place, n’attire guère d’investisseurs étrangers depuis 3 ans. (AFP)
Après deux semaines de campagne électorale terne et peu politisée, treize millions d’électeurs marocains, dont plus de la moitié sont analphabètes, se rendront aux urnes demain afin de désigner, pour 5 ans et au suffrage universel direct à un tour, 325 députés parmi 3.319 candidats.Le roi Hassan II, qui est dans sa 37e année de règne, a fait savoir à plusieurs reprises qu’il souhaitait qu’une volonté de changement sorte des urnes afin qu’il puisse mettre en œuvre une «politique d’alternance», déjà proposée en 1995 mais rejetée, à l’époque, par une «opposition» largement minoritaire dans le pays.Celle-ci, en effet, avait refusé l’offre du roi d’entrer au gouvernement, notamment sous le prétexte que le palais royal ne voulait pas se séparer de son fidèle serviteur, le tout puissant ministre de...