En dehors de cette volonté d’une plus grande «visibilité, le thème principal de ce sommet qui se tient du 14 au 16 novembre, et ce pour la première fois en Asie, sera l’économie. Les pays francophones rassemblés à Hanoi, qui «pèsent», avec près de 9% de la population mondiale, un PNB annuel de 2.500 milliards de dollars, vont débattre de deux documents en matière économique et sociale.
Les représentants de quarante-neuf Etats ou provinces francophones adopteront dimanche ces deux textes, après en avoir débattu durant deux jours, ainsi qu’une déclaration et un programme d’action. Auparavant, ils entendront vendredi un discours du chef de l’Etat vietnamien, puis des allocutions des chefs de délégation.
Les délégués de quelque cinq cent millions d’habitants de la planète, dont environ la moitié parlent français, vont également désigner dimanche, par consensus, un porte-parole permanent qu’ils veulent «politique».
Ce porte-parole aura des prérogatives équivalentes à celles du secrétaire général du Commonwealth, qui représente les pays liés à la Couronne britannique.
Selon des sources de la francophonie, il disposera d’un cabinet d’une quinzaine de personnes, d’un budget et d’un siège à Paris.
Ce sera, sauf imprévu, l’ancien secrétaire général de l’ONU, Boutros Boutros-Ghali, chargé de faire à l’avenir parler d’une seule voix cette communauté hétérogène, disséminée sur les cinq continents, mais surtout de faire passer dans les instances internationales et auprès des pays non-adhérents à la francophonie des valeurs telles que la défense de l’Etat de droit, les droits de l’homme, la liberté de la presse, etc.
Elargir la famille
francophone
Jusqu’ici confinés aux ex-membres de l’Empire français ou à des communautés minoritaires d’Amérique du Nord ou d’Europe, les francophones souhaitent, grâce à une image rénovée, s’élargir à des pays ou le français est loin d’être la langue étrangère la plus pratiquée.
Les pays francophones, qui, selon des sources émanant de la francophonie, regroupent 18% des échanges commerciaux mondiaux, ont ainsi invité à Hanoi le Nigéria, puissance économique anglophone d’Afrique de l’Ouest, qui a annoncé récemment son intention de développer l’étude du français. Ils souhaitent aussi attirer dans leur sphère d’influence le Mozambique lusophone.
Ils se félicitent également de l’entrée dans la famille francophone de la Moldavie et assurent que la Pologne, l’Albanie et la Macédoine «frappent à la porte», alors que dans la majorité des pays ex-socialistes l’anglais a fait ces dernières années une nette percée dans le monde des affaires.
Certains ne font pas mystère de voir la francophonie accompagner la conquête des marchés.
Que ce soit en Afrique, où francophones et anglophones se livrent à de rudes batailles économiques dans les ex-possessions françaises ou belges, en Asie, y compris dans les anciennes colonies françaises du Vietnam, du Laos et du Cambodge, ou dans les ex-pays de l’Est, influence culturelle et poids économique vont de pair. (AFP)

