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Actualités - Chronologie

Regarder l'invité comme un adversaire Meet the press fête cinquante ans d'histoire


«Meet the Press», le forum politique dominical de NBC surnommé «le 51e Etat» par John Kennedy et qui a mis sur la sellette bon nombre d’hommes politiques et de chefs d’Etat, fête ses cinquante ans, devenant ainsi la plus longue émission de télévision du monde.
Avec les pancakes et les épais suppléments des journaux, «Meet the Press» — comme ses deux émissions concurrentes «Face the Nation» (CBS) et «This Week» (ABC) — fait partie, pour des millions d’Américains, du rituel du dimanche matin.
Etape obligée du parcours de tout homme politique américain, «Meet the Press» a vu défiler depuis sa naissance, le 6 novembre 1947, non seulement tous les présidents américains en exercice et leurs secrétaires d’Etat, mais aussi des leaders du monde entier comme l’empereur Haile Selassié, Fidel Castro, Golda Meir, Indira Gandhi, Ferdinand Marcos ou François Mitterrand.
Pour fêter le jubilé de «Meet the Press», la chaîne NBC a préparé la sortie d’un livre anniversaire et diffusera dimanche les grands moments de l’émission, «la plus ancienne émission de télévision du monde». Le président Bill Clinton, présent sur le plateau de «Meet the Press» pour la septième fois, sera l’invité spécial de cette émission anniversaire.
«Tout au long de ces cinquante ans, la mission de «Meet the Press» est demeurée la même: un échange de vues intelligent, équitable et de bon ton», affirme Julia Moffett, vice-président de NBC.
Les thèmes évoqués lors des débats, toujours animés, entre invités et commentateurs n’ont guère changé en un demi-siècle: la recherche de la paix au Proche-Orient, les relations américano-russes, le contrôle de l’atome, l’équilibre budgétaire américain. Au fil des années toutefois, d’autres préoccupations ont vu le jour: l’environnement, la drogue, les jeunes, les femmes.

L’idéal de Castro

Durant les premières décennies de son existence, «Meet the Press» fut dominé par l’écrasante personnalité de Lawrence Spivak, le créateur de l’émission, un anticommuniste virulent, ami personnel du sénateur Joseph McCarthy, chantre de la Commission des activités anti-américaines.
Assisté de Martha Rountree, une des premières femmes à animer une émission politique télévisée, Spivak convertit «Meet the Press», créé à l’origine pour la radio, en une sorte de tribunal d’inquisition où abondaient les coups d’éclat. Ainsi, en 1948, Menahem Begin défendit l’idée que George Washington, le premier président américain, était un modèle à suivre pour tout terroriste en puissance. En 1949, le général Walter Bedell Smith révéla que l’Union Soviétique possédait des armes nucléaires.
Pour la première fois aussi, le reste du monde entra dans les foyers américains à travers le visage de certains de ses dirigeants: Golda Meir, Yasser Arafat, Kwame Nkrumah, Conrad Adenauer.
Le parcours de «Meet the Press» est jalonné de moments historiques: la première interview télévisée de Fidel Castro en 1959, peu après son arrivée au pouvoir, la première interview par satellite en 1965 avec le premier ministre britannique Harold Wilson. En 1960, «Meet the Press» devient aussi le premier programme d’information télévisé en couleur.
Gardant fidèlement le transcript de toutes ses émissions, «Meet the Press» a été en mesure de ressortir quelques déclarations édifiantes avec le recul.«La démocratie est mon idéal et je ne suis pas communiste», affirme ainsi Fidel Castro en 1959, promettant de se libérer bientôt du pouvoir, «juste un sacrifice, juste un travail» pour «avoir le temps de lire, d’étudier et d’écouter de la musique».
Les successeurs de Lawrence Spivak — depuis 1991, le commentateur Tim Russert — continuent de suivre ses deux règles d’or: «préparer ses interviews comme si c’était une question de vie ou de mort et toujours regarder l’invité comme un adversaire». (AFP)
«Meet the Press», le forum politique dominical de NBC surnommé «le 51e Etat» par John Kennedy et qui a mis sur la sellette bon nombre d’hommes politiques et de chefs d’Etat, fête ses cinquante ans, devenant ainsi la plus longue émission de télévision du monde.Avec les pancakes et les épais suppléments des journaux, «Meet the Press» — comme ses deux émissions concurrentes «Face the Nation» (CBS) et «This Week» (ABC) — fait partie, pour des millions d’Américains, du rituel du dimanche matin.Etape obligée du parcours de tout homme politique américain, «Meet the Press» a vu défiler depuis sa naissance, le 6 novembre 1947, non seulement tous les présidents américains en exercice et leurs secrétaires d’Etat, mais aussi des leaders du monde entier comme l’empereur Haile Selassié, Fidel Castro, Golda...