Des habitants contactés par téléphone ont indiqué de leur côté que ces affrontements avaient fait quatre blessés parmi les manifestants et un parmi les policiers dans le district de Thông Nhât, à une quarantaine de km au nord-est de Ho Chi Minh-ville.
Un responsable du comité populaire de ce district, situé dans cette province qui héberge plusieurs dizaines de milliers de catholiques, a indiqué que ces affrontements étaient survenus alors que la police tentait de disperser des manifestants catholiques.
Il a expliqué que «plusieurs milliers de manifestants s’étaient rassemblés pour protester contre la corruption et les expropriations de terrains appartenant au diocèse que les autorités locales avaient ordonnées pour la construction d’écoles et de bâtiments publics».
Une catholique du district a expliqué pour sa part que quelque 10.000 catholiques, majoritairement des femmes, s’étaient rassemblés devant le siège du comité populaire du district pour protester contre ces expropriations exigeant des sanctions contre les responsables locaux corrompus.
Selon elle, quatre manifestants et un policier ont été blessés. Les manifestants ont incendié le domicile d’un responsable du Front de la patrie (organisation de masse dépendant du Parti communiste) chargé des questions religieuses dans ce district.
La police et la commission provinciale des affaires religieuses se sont refusées à confirmer ou démentir l’existence de ces troubles, qui rappellent ceux intervenus il y a plusieurs mois dans le nord, à Thai Binh.
Les manifestants exigeaient la restitution des terres confisquées au diocèse de Trà Cô. Les autorités ont déjà pris possession de 3.200 m2 de terres du diocèse pour la construction d’un marché et prévoient de récupérer encore 12.000m2, a expliqué cette catholique.
Elle a ajouté que la police avait finalement dispersé la foule après que l’évêque du diocèse, Nguyen Minh Nhât, ait appelé les manifestants à la retenue.
«Aujourd’hui la situation est assez calme, mais demain si les autorités ne satisfont pas les doléances des catholiques, nous continuerons notre action et nous défendrons les terres à tout prix, même au prix de notre vie», a déclaré cette catholique.
La province est peuplée de nombreux catholiques ayant fui le Nord-Vietnam en 1954, année de la partition du pays, ou s’étant installés dans le Sud après la victoire communiste de 1975.
Ces troubles ne sont pas sans rappeler les manifestations survenues en mai et juin dans la province de Thai Binh (nord) ou des paysans avaient violemment pris à partie des cadres locaux qu’ils accusaient de les spolier et des les accabler d’impôts. Ces troubles d’une rare violence avaient visiblement ébranlé le Parti communiste qui depuis s’efforce de prouver qu’il est à l’écoute des doléances du peuple.
La corruption et la politique d’expropriation sont deux des principaux facteurs de mécontentement populaire sur lequel la presse officielle reste généralement silencieuse. (AFP)

