Le réalisateur, avec Marc Caro, de «Delicatessen» et de «La Cité des enfants perdus» succède haut la main à un trio de metteurs en scène qui, depuis leurs «Alien» sont devenus des stars du cinéma: Ridley Scott (Blade Runner, Thelma et Louise), James Cameron (dont le pharaonique «Titanic» de 3h14 sort en décembre) et David Fincher (Seven et The Game).
Dans «Alien 3», Ripley, le crâne rasé, enceinte d’un monstre, se sacrifiait en se jetant dans une cuve d’acier en fusion pour sauver ses compagnons. Il fallait donc la ressusciter car l’altière Sigourney Weaver est inséparable de cette saga de science-fiction qui l’a révélée, lui a valu une nomination aux Oscars et un des cachets les plus élevés d’Hollywood pour une actrice (11 millions de dollars).
Ripley, clone et mère porteuse créé par un généticien fou à partir d’ADN humain et d’ADN de monstre, réapparaît 200 ans plus tard et donne naissance à un «bébé alien» à bord de la station spatiale, dirigée par un général mégalomane et deux apprentis sorcier déments.
Dans un laboratoire, ils fabriquent des monstres conservés dans des bocaux géants à partir de cobayes humains que leur livre l’équipage du vaisseau «Betty», une bande de marginaux et mercenaires fêlés et violents. Parmi eux se trouve pourtant l’étrange et énigmatique Call (Winona Ryder)...
Ce sont deux «femmes» un peu spéciales, Ripley, la créature extraterrestre, et Call, le robot humain, qui vont tenter de sauver la Terre d’une invasion d’aliens. La fin reste ouverte et on peut donc s’attendre à un cinquième avatar dans les années qui viennent...
A 48 ans, Sigourney Weaver, la mutante au sang acide et aux nerfs d’acier, à la stature d’athlète et de prédateur, incarne avec une aisance souveraine Ripley. Elle communique à la fois une force brutale, un humour sardonique mais aussi de l’émotion lorsque «mère» d’un monstre, elle le sacrifie pour sauver ce qui est humain.
«Alien» à Hollywood, ne parlant pas anglais, à la tête d’une production de 80 millions de dollars et d’une armée de 900 personnes, Jean-Pierre Jeunet réussit à créer un film au suspense haletant, sans temps mort, tout en gardant sa patte personnelle.
«Alien Resurrection», produit par la 20th Century Fox, sort le 26 novembre aux Etats-Unis. (AFP)

