M. Eltsine est à Pékin pour sa troisième visite en Chine en moins de cinq ans, mais les négociations économiques bilatérales ont commencé avant l’arrivée du chef d’Etat russe.
Le premier vice-premier ministre russe Boris Nemtsov a rencontré dimanche matin des responsables pétroliers chinois pour discuter d’un ambitieux projet de gazoduc et d’oléoduc reliant les deux pays.
M. Nemtsov devait ensuite s’entretenir avec le vice-premier ministre chinois Li Lanqing, les deux hommes coprésidant la commission bilatérale de coopération économique.
«Nous avons fait des progrès gigantesques dans le domaine politique, en établissant notamment un partenariat stratégique entre nos deux pays (...). La question la plus significative est désormais celle de la coopération économique», a déclaré M. Nemtsov à un groupe de journalistes.
«Nous sommes obligés de revivifier notre commerce ainsi que nos investissements réciproques, qui sont ridiculement bas», a ajouté M. Nemtsov. Le total des investissements chinois en Russie et des investissements russes en Chine s’élève à 200 millions de dollars, a-t-il indiqué.
Alors que la Chine est un marché courtisé par le monde entier, le commerce sino-russe est aujourd’hui en baisse, avec 6,85 milliards de dollars l’an dernier, contre 166,3 milliards de dollars entre la Chine et les Etats-Unis pour les huit premiers mois de cette année, selon des chiffres officiels chinois.
Les principaux projets de coopération discutés pendant la visite de M. Eltsine en Chine relèvent du domaine énergétique: exploitation en commun des gisements sibériens de Kovytkine (Irkoutsk), construction d’un gazoduc et d’un oléoduc de plus de 3.000 km reliant la Sibérie au nord-est de la Chine, ainsi qu’à la Corée du Sud et au Japon.
Le coût total de ce projet — exploitation et transport inclus — est de 12 milliards de dollars, a indiqué M. Nemtsov, et la Russie tente de le faire partager par d’autres pays, à commencer par le Japon.
Un autre projet consiste à tendre une ligne électrique haute-tension sur 2.600 km entre la région d’Irkoutsk et la Chine.
Enfin, la Russie et la Chine doivent signer avant la fin de l’année un accord pour la construction de deux réacteurs nucléaires russes à eau pressurisée de 1.000 MW chacun, sur ce qui doit devenir à terme le site de la principale centrale nucléaire chinoise à Lianyungang (400 km au nord de Shanghai).
La Russie espère devenir un des principaux pourvoyeurs en énergie du nord-est asiatique pour s’accrocher au train de la croissance économique de ces pays, explique le député russe Vladimir Loukine.
«Notre énergie peut nous permettre de devenir un Etat-clé du nord-est asiatique, car les pays de cette région se battent aujourd’hui pour en avoir une part, c’est par exemple le facteur-clé du changement de nos relations avec le Japon», a ajouté ce député réformateur membre d’une commission russo-chinoise de paix, d’amitié et de développement qui tiendra sa session inaugurale lundi.
La Russie et le Japon ont convenu lors d’un sommet au début du mois de faire le maximum pour conclure un traité de paix d’ici l’an 2000, en dépit du différend territorial sur les îles Kouriles du sud qui empoisonne leurs relations depuis la fin de la seconde guerre mondiale. (AFP)

