A sa sortie du palais Bustros, M. de Charette s’est déclaré «très touché d’avoir été reçu au Liban avec tant de gentillesse». «Je suis là en tant qu’homme politique appartenant à l’opposition, a-t-il précisé, et ma visite est donc politique».
Répondant à une question, M. de Charette a estimé que «le processus de paix est actuellement dans une impasse, et l’idée se répand dans la communauté internationale qu’il est impossible de progresser actuellement à cause des attitudes de blocage des Israéliens, et leur refus de poursuivre les démarches qui avaient été arrêtées aussi bien à Madrid qu’à Oslo».
Il a notamment déclaré que «l’interruption des négociations est un risque, peut-être même la certitude d’un retour à la violence, et ce serait une erreur d’attendre les prochaines élections législatives en Israël». «Mais il ne faut pas se résigner, a-t-il poursuivi, il y a des forces de paix partout, et il faut les trouver». Sans accuser le premier ministre israélien, M. Benjamin Netanyahu, il a cependant trouvé qu’«il n’est pas étranger aux obstacles».
Interrogé sur le refus de Washington d’accorder un rôle réel à la France dans le processus de paix, M. de Charette a répondu: «Le rôle de la France ne se décide pas à Washington mais à Paris, et notre pays, sous la présidence de M. Jacques Chirac, n’abandonnera pas son soutien au vôtre».
Evaluant la coopération franco-russe au Proche-Orient, il a affirmé: «La Russie essaie de recouvrer son rôle dans la région, rôle qu’elle avait perdu ces dernières années à cause de ses troubles internes. Nous n’avons que des relations amicales avec ce pays, et nous ne pouvons qu’approuver ses démarches».
Aujourd’hui, M. de Charette se rend à Damas pour effectuer des rencontres avec de hauts responsables syriens, le vice-président Abdel Halim Khaddam, et le ministre des Affaires étrangères Farouk el-Chareh. Dimanche, il devra rencontrer le premier ministre, M. Rafic Hariri et se rendre au village de Cana, au Liban-Sud.

