«Le vaste programme de réformes adopté par les autorités (indonésiennes) devrait non seulement restaurer la confiance dans l’économie indonésienne mais aussi faire beaucoup pour aider à calmer la tempête qui a balayé la région depuis juillet», poursuit le patron du FMI.
Depuis le 2 juillet, date de la dévaluation forcée du baht thaïlandais, la Thaïlande, la Malaisie, les Philippines, l’Indonésie et même Hong Kong ont subi une crise monétaire et financière qui a ricoché la semaine dernière sur Wall Street, les Bourses européennes, mais aussi sur les marchés d’Amérique latine.
Selon M. Camdessus, avec le programme négocié avec le FMI, l’Indonésie s’est «engagée non seulement à poursuivre une stricte politique financière mais aussi à s’attaquer à des obstacles qui se sont accumulés au fil des années, du type monopoles ou mauvaise distribution de ressources, qui sont autant d’embûches au progrès économique».
Le programme comprend «beaucoup de décisions difficiles pour les autorités», concède M. Camdessus, faisant référence à la fermeture de banques en déroute ou encore à la suppression d’avantages fiscaux (droits à l’importation) accordés à des projets dont la direction était liée au pouvoir.
«Je crois que ces décisions étaient nécessaires à l’Indonésie pour qu’elle retrouve le chemin d’une croissance de bonne qualité (...) et maintienne son rôle-clef dans la région. Elles bénéficieront grandement au peuple indonésien, et particulièrement aux plus pauvres», conclut M. Camdessus.
L’Indonésie est le troisième pays le plus peuplé du monde.
Par ailleurs, selon les projections du F.M.I. fournies mercredi, la croissance du Produit intérieur brut (PIB) indonésien, frappé par la crise financière qui touche l’Asie du sud-est, va reculer, passant de 8% en 96/97 à 5% en 97/98 et 3% en 98/99, selon les projections du Fonds monétaire international fournies mercredi.
L’inflation qui se maintenait à 6,6% en 96/97 va remonter à 10% en 97/98 et 9% en 98/99.
Le déficit de la balance des comptes courants, une des causes de la crise, va régresser, après le programme signé avec le FMI, à 2,7% en 97/98 et 2,2% sur l’exercice suivant contre 3,3% cette année, selon les calculs de l’institution monétaire.
Les réserves internationales, se montant à l’équivalent de 5,9 mois d’importations cette année, resteront à ce niveau en 97/98 mais descendront à 5,2 mois en 98/99.
Enfin, l’excédent budgétaire va régresser à 0,8% du PIB en 97/98 contre 1,2% cette année. (AFP)

