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Actualités - Chronologie

Quand La CIA soupçonnait Tel-Aviv de collusion avec Moscou

En 1948, la CIA attirait l’attention du président Harry Truman sur le fait que le nouvel Etat d’Israël pouvait devenir un client de l’Union soviétique, selon des documents d’archives disponibles depuis peu.
«La création d’un Etat juif en Palestine permettra à l’URSS d’intensifier ses tentatives pour étendre l’influence soviétique au Proche-Orient et y entretenir une situation de choas», dit un rapport de la CIA adressé à M. Truman le 14 mai 1948, date de la proclamation de l’Etat israélien.
Ces ex-documents secrets ont été rendus publics le mois dernier, à l’occasion d’un symposium organisé sous les auspices de la CIA et consacré aux appréciations portées sur la menace soviétique aux premiers temps de la Guerre froide.
Les services de renseignements américains s’y inquiètent des livraisons d’armes soviétiques aux groupes de guérilla juifs en lutte contre des irréguliers arabes à la veille de la proclamation d’indépendance israélienne.
«On peut s’attendre à voir très sensiblement augmenter le nombre d’hommes et de munitions arrivant du bloc soviétique en Palestine», écrit le Bureau des rapports et des estimations à M. Truman le 14 mai 1948 dans un document «top-secret».

Truman en désaccord
avec les experts

La CIA s’attend alors à ce que l’URSS profite de tout allégement des contrôles britanniques sur l’immigration juive en Palestine pour infiltrer un plus grand nombre «d’agents soviétiques issus d’Europe orientale et centrale».
Les agents de Moscou, fait valoir la CIA à M. Truman, ont déjà remporté des «succès considérables» avant la création d’Israël en inflitrant des mouvements sionistes armés comme «le groupe Stern», l’Irgoun et, à un moindre degré, le Haganah.
M. Truman défendait alors avec difficulté sa position face aux restrictions sévères imposées à l’immigration juive par les Britanniques en 1939. Londres s’était vu confier un mandat en Palestine en 1922 par la Société des nations (SDN).
Dans ses mémoires, M. Truman dit s’être opposé sur cette question aux experts du département d’Etat sur le Proche-Orient ainsi qu’à l’état-major interarmes américain: «Mon point de vue était que l’Amérique ne pouvait rester passive au moment où les victimes de la folie raciale d’Hitler se voyaient refuser les possibilités de renconstruire leur vie».
«Comme la plupart des diplomates britanniques, certains des nôtres jugeaient nécessaire d’apaiser les Arabes, étant donné leur nombre et le fait qu’ils contrôlaient d’immenses ressources pétrolières», note M. Truman dans ses mémoires. «Il m’est pénible de dire que certains d’entre eux étaient aussi portés à l’antisémitisme».

Révision des
prévisions

Ce n’est qu’en novembre 1949, six mois après l’avènement d’Israël et sa victoire sur une coalition arabe, que la CIA semble réviser ses premières mises en garde contre le risque d’ingérences soviétiques en Israël.
«Certains signes font apparaître un moindre enthousiasme des Soviétiques et des Tchécoslovaques pour la cause d’Israël», font savoir des analystes de la CIA à M. Truman le 12 novembre. Ils expliqueront ensuite le revirement soviétique par l’idée que l’octroi d’une aide militaire «à un pays aux sympathies fondamentalement pro-occidentales se révélerait en dernier lieu préjudiciable aux intérêts soviétiques au Proche-Orient». (Reuter)
En 1948, la CIA attirait l’attention du président Harry Truman sur le fait que le nouvel Etat d’Israël pouvait devenir un client de l’Union soviétique, selon des documents d’archives disponibles depuis peu.«La création d’un Etat juif en Palestine permettra à l’URSS d’intensifier ses tentatives pour étendre l’influence soviétique au Proche-Orient et y entretenir une situation de choas», dit un rapport de la CIA adressé à M. Truman le 14 mai 1948, date de la proclamation de l’Etat israélien.Ces ex-documents secrets ont été rendus publics le mois dernier, à l’occasion d’un symposium organisé sous les auspices de la CIA et consacré aux appréciations portées sur la menace soviétique aux premiers temps de la Guerre froide.Les services de renseignements américains s’y inquiètent des livraisons...