Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

La Ligue arabe critique l'embargo US contre le Soudan

La Ligue arabe a critiqué mercredi l’embargo économique total décrété la veille par les Etats-Unis contre le Soudan, estimant qu’il touchait plus «la population que le régime» au pouvoir.
«Ce moyen, qui consiste à imposer des sanctions aux Etats, ne convient pas aux relations entre les pays, et contredit les nouveaux principes que la société internationale s’est engagée à instaurer», a déclaré le secrétaire général adjoint chargé du Soudan auprès de la Ligue, M. Ahmed Ben Helli.
«L’expérience a démontré que de telles sanctions portaient davantage préjudice à la population qu’aux régimes», a-t-il ajouté.
M. Ben Helli a cependant souligné que cette réserve ne devait pas être interprétée comme un prétexte de la Ligue pour «se dérober à la responsabilité internationale de la lutte contre le terrorisme sous toutes ses formes».
«Le terrorisme est devenu un fléau international, dont les éléments et les instigateurs doivent être pourchassés», a-t-il ajouté.
La Ligue se déclare favorable «à une conférence internationale pour lutter contre le fléau» du terrorisme.
«Les superpuissances, notamment les pays occidentaux, ont une responsabilité dans cette lutte, car beaucoup de terroristes se cachent et font leur nid dans ces Etats sous la bannière de l’asile politique ou de la défense des droits de l’homme», a-t-il ajouté.

Khartoum dénonce

Pour sa part, le gouvernement soudanais a qualifié mercredi l’embargo décrété par Washington de mesure «injuste et agressive».
«La résolution est une forme de l’agression et de l’injustice que le gouvernement américain pratique contre les Etats qui adoptent des attitudes indépendantes et qui ne sont pas prêts à se soumettre à leur tutelle», a déclaré le ministre d’Etat soudanais pour les Affaires étrangères.
M. Osman Ismaïl, qui s’adressait à la radio officielle d’Oum Dourman, a estimé qu’il s’agissait d’un «parti pris américain contre les justes causes de la nation (arabe), notamment les questions palestinienne, syrienne et libanaise».
Dans une allusion à l’Egypte, M. Ismaïl a affirmé que cette mesure constituait une poursuite du «rôle américain d’appui à l’agression de certaines nations voisines contre le Soudan».
Il a estimé qu’en imposant ces sanctions, les Etats-Unis seraient «les plus grands perdants et qu’un jour ils reviendront sur cette résolution comme ils l’ont fait pour des décisions similaires contre d’autres Etats comme l’Iran».
M. Ismaïl a indiqué que le ministère des Affaires étrangères attendait de recevoir le texte complet de la résolution de l’ambassade du Soudan à Washington pour «examiner le moyen de traiter» la résolution.
Le président Bill Clinton a décrété mardi un embargo économique total contre le Soudan en représailles au soutien présumé de ce pays au terrorisme international.
L’embargo élargit les mesures «plus limitées» déjà en place contre Khartoum depuis plusieurs années pour soutien au terrorisme, selon un communiqué du porte-parole de la présidence américaine, Michael McCurry.
Il inclut un gel de tous les biens de l’Etat soudanais aux Etats-Unis.
Toute importation de produits soudanais en Amérique (à l’exception de matériel ayant trait à l’information) et toute exportation vers le Soudan de produits, services et technologies américains sont désormais interdites. Ces échanges ont représenté environ 70 millions de dollars en 1996. (AFP)
La Ligue arabe a critiqué mercredi l’embargo économique total décrété la veille par les Etats-Unis contre le Soudan, estimant qu’il touchait plus «la population que le régime» au pouvoir.«Ce moyen, qui consiste à imposer des sanctions aux Etats, ne convient pas aux relations entre les pays, et contredit les nouveaux principes que la société internationale s’est engagée à instaurer», a déclaré le secrétaire général adjoint chargé du Soudan auprès de la Ligue, M. Ahmed Ben Helli.«L’expérience a démontré que de telles sanctions portaient davantage préjudice à la population qu’aux régimes», a-t-il ajouté.M. Ben Helli a cependant souligné que cette réserve ne devait pas être interprétée comme un prétexte de la Ligue pour «se dérober à la responsabilité internationale de la lutte contre le...