Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Sommet des pays balkaniques : les contentieux persistent

Huit pays des Balkans ont solennellement affirmé hier en Crète leur volonté commune de renforcer la stabilité et la sécurité dans cette région sensible à l’issue d’un sommet de deux jours qui n’a pourtant pas permis de résoudre les différends entre pays voisins.
Ils se sont engagés à «respecter l’inviolabilité des frontières, l’intégrité territoriale des Etats» et à travailler «au règlement pacifique des différends» dans leur déclaration finale.

Les pays balkaniques ont également mis l’accent sur leur «orientation européenne». «L’intégration européenne et euro-atlantique est essentielle» pour cette région, ont-ils expliqué. Parmi les pays balkaniques présents au sommet de Crète, seule la Grèce est membre de l’UE et seules Athènes et Ankara appartiennent à l’OTAN.

Le ministre grec des Affaires étrangères Théodore Pangalos a annoncé que les résultats du sommet seraient communiqués par la Grèce à l’UE et à son homologue américaine Madeleine Albright.

La conférence d’Héraklion, à laquelle participaient l’Albanie, la Bosnie, la Bulgarie, la Grèce, la Macédoine, la Roumanie, la Turquie et la Yougoslavie, était la première jamais organisée au niveau des chefs d’Etat et de gouvernement. Seule la Bosnie était représentée par son ministre adjoint des Affaires étrangères Mihovil Malbasic qualifié d’«observateur» par le texte final.
A l’occasion de ce sommet, Grecs et Turcs, dont le contentieux est le plus menaçant pour les Balkans, ont renoué un dialogue suspendu depuis des semaines après une montée de la tension sur la question de Chypre et des manœuvres en mer Egée.
Les deux premiers ministres grec et turc, Costas Simitis et Mesut Yilmaz, qui se sont rencontrés pendant 90 minutes lundi, ont notamment réaffirmé la validité de l’accord qu’ils ont conclu en juillet à Madrid et dans lequel les deux pays disent renoncer à tout recours à la force.
Mais les deux dirigeants n’ont pu aller au-delà, notamment sur le dossier de l’îlot d’Imia (Kardak pour les Turcs), dont la souveraineté est contestée par Ankara, et se sont contentés de répéter leurs positions divergentes.
Athènes continue de proposer un recours de la Turquie devant la cour internationale de La Haye tandis qu’Ankara propose une négociation directe avec éventuellement une médiation dans le cadre de l’ONU.
MM. Yilmaz et Simitis ont cependant décidé de poursuivre leur dialogue par l’intermédiaire de représentants spéciaux, selon des déclarations de M. Yilmaz à des journalistes turcs en Crète retransmis par la chaîne privée NTV.
La Yougoslavie et l’Albanie ne sont pas davantage parvenues à progresser sur la difficile question du Kosovo, cette province du sud de la Serbie peuplée d’Albanais de souche qui réclament l’indépendance. Un début de normalisation entre Belgrade et Tirana a cependant été décidé par le président yougoslave Slobodan Milosevic et le premier ministre albanais Fatos Nano.
Le président macédonien Kiro Gligorov et le premier ministre bulgare Ivan Kostov n’ont pas réussi non plus à s’entendre sur la querelle linguistique qui les oppose. Sofia refuse d’utiliser la langue macédonienne dans ses relations avec Skopje parce qu’elle ne la juge pas différente du bulgare.
Par ailleurs, la querelle sur le nom de la Macédoine refusé par la Grèce parce qu’appartenant, selon elle, à son patrimoine historique, a été évoquée lors d’un entretien entre MM. Simitis et Gligorov sans résultat.
Malgré ces divergences, les pays balkaniques ont souligné dans leur déclaration finale leur volonté de respecter «les droits des membres des minorités nationales».
Dans ce texte, les Huit ont affirmé leur volonté de se doter de structures communes pour renforcer leur coopération. Toutefois, un projet de secrétariat permanent, soutenu par la Grèce qui aurait voulu le voir adopté dès ce sommet, est renvoyé aux ministres des Affaires étrangères, a expliqué le premier ministre Costas Simitis lors d’une conférence de presse finale.
Les chefs de la diplomatie des huit pays seront par ailleurs appelés à se rencontrer au moins une fois par an. Au plan économique, la déclaration propose une réunion annuelle des ministres de l’Economie ou des Finances.
Le prochain sommet balkanique devrait être organisé en octobre 1998 en Turquie, à Antalya. (AFP)
Huit pays des Balkans ont solennellement affirmé hier en Crète leur volonté commune de renforcer la stabilité et la sécurité dans cette région sensible à l’issue d’un sommet de deux jours qui n’a pourtant pas permis de résoudre les différends entre pays voisins.Ils se sont engagés à «respecter l’inviolabilité des frontières, l’intégrité territoriale des Etats» et à travailler «au règlement pacifique des différends» dans leur déclaration finale.Les pays balkaniques ont également mis l’accent sur leur «orientation européenne». «L’intégration européenne et euro-atlantique est essentielle» pour cette région, ont-ils expliqué. Parmi les pays balkaniques présents au sommet de Crète, seule la Grèce est membre de l’UE et seules Athènes et Ankara appartiennent à l’OTAN.Le ministre grec des...