Un coin de l’espace exposition du salon «Lire en Français» est occupé par des panneaux rectangulaires sur lesquels il y a des photos et des citations. A y regarder de plus près, les clichés ne correspondent pas aux phrases: sous une photographie de Belgique, un commentaire du Congo; sous un paysage du Liban, une réflexion en provenance du Laos...
Yvan Le Soudier a pris comme prétexte le thème de la francophonie pour emporter le lecteur à la rencontre de l’autre, à la découverte d’autres pays, à travers l’image et le son. Après un premier ouvrage consacré au Vietnam, pays qui a exercé une forte fascination sur lui, Yvan Le Soudier, artiste-nomade, a voulu élargir ses horizons.
L’ouvrage, tiré à 3.000 exemplaires, à compte d’auteur, est un condensé de parcours croisés entre huits pays pratiquant la langue française. «Huit Etats sur 49 francophones. Je les ai choisis aux quatre coins du monde», souligne Yvan le Soudier. Laos, Vietnam et Liban en Asie; Belgique et Moldavie en Europe; trois provinces canadiennes; Congo et Mauritanie en Afrique. «Il y a un phénomène qu’on appelle la francophonie qui prend de plus en plus d’ampleur et auquel personne ne prête attention», dit-il. Le Soudier a décidé d’apporter sa pierre à cet édifice. «J’ai constaté que les relations de ces Etats se limitaient à des échanges entre la France et chacun d’eux. Alors, j’ai conçu cet ouvrage en y mélangeant images et texte». Il souligne que «Français, Vietnamiens, Libanais... tous n’auraient regardé que les pages les concernant. De cette façon, en se cherchant, ils découvriront les autres».
Cette compilation a demandé quelque 18 mois de travail, avec un séjour de deux semaines dans chaque pays. Les photos publiées par Yvan Le Soudier sont le fidèle reflet du pays dont elles parlent. «Elles montrent aussi les ressemblances, les points communs entre ces différentes sociétés et cultures». Deux semaines, c’est un délai bien court pour qui veut aller au cœur d’une société. «Certainement, reconnaît Yvan Le Soudier. D’abord, je fonctionne à l’émotion. Par ailleurs, l’Agence de la Francophonie m’a aidé, ainsi que les services consulaires français. Il y a aussi la technique des thèmes: école, architecture... sont des sujets très révélateurs d’une société».
Le CD qui accompagne le livre regroupe sur 1h15 les différents bruits caractéristiques de chaque pays. «Là, il n’y a pas de mélange, sinon on aurait obtenu une terrible cacophonie», dit-il. Beyrouth se reconnaît à ses concerts de klaxons? «Les bruits de la rue sont un des sons spécifiquement beyrouthins. Mais il n’y a pas que ça, affirme-t-il. Le mélange des muezzins et des cloches est très particulier ici». On trouve également dans ce disque des refrains chantonnés de-ci, de-là...
Ce nomade, armé de son appareil photo et d’un capteur de sons «professionnel», parcourt le monde. Sa motivation, communiquer par-delà les frontières... pour le plus grand plaisir de tous.
Aline GEMAYEL


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