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Actualités - Reportage

Poètes et romances du Liban dans le Magazine Littéraire français (photo)

Le «Magazine littéraire» français consacre dans son dernier numéro un fascicule de 38 pages aux «poètes et romanciers du Liban». «C’est la première fois que la littérature libanaise est disséquée de la sorte dans une revue française» fait remarquer Alexandre Najjar qui a dirigé ce dossier. Nicky Fasquelle, directrice et propriétaire du mensuel est à Beyrouth pour le présenter au salon «Lire en français et en musique».
«Le Magazine littéraire est sorti à Beyrouth avant de paraître à Paris» indique-t-elle. «En effet, nous tenions à ce qu’il soit au salon le soir de l’inauguration. Alors la première fournée de 1.500 exemplaires a été expédiée à Beyrouth».
Page 98, le dossier démarre par un édito. Il y est d’emblée relevé que le dossier «n’a pas pour but de brosser un panorama exhaustif de la littérature libanaise. Il faudrait pour cela une encyclopédie entière. Des choix, forcément subjectifs, ont dû être faits, l’essentiel étant de familiariser le lecteur français avec cette littérature, dont il ne sait souvent rien». Et Alexandre Najjar d’ajouter, «nous avons axé sur la spécificité de notre littérature». C’est la période contemporaine qui a été privilégiée, ainsi que les auteurs dont l’oeuvre est disponible en France. «Des écrivains de renom qui, inexplicablement n’ont pas encore suscité l’intérêt des éditeurs français, comme Saïd Akl, Toufic Youssef Awad, Maroun Abboud, Mikhaïel Naimeh, Amin Rihani...» n’ont pas été pour autant oubliés. Le dossier s’est intéressé aux poètes et romanciers, négligeant, faute de place, les essayistes. L’édito rappelle que le Liban est «premier consommateur de livres francophones en Asie, principal fabricant et exportateur de livres en langue arabe, organisateur de plusieurs salons du livre qui connaissent un succès grandissant...» Il conclut que «le Liban et la France peuvent — et doivent — oeuvrer, main dans la main, pour que rayonne en Occident «une certaine idée du Liban» et pour qu’en Orient, à travers le Liban, la voix de la France soit toujours entendue».

Sommaire

Au sommaire côté prose: une ballade à travers les rues de la capitale avec Richard Millet, «Le piéton de Beyrouth»; une présentation documentée de «Khalil Gibran, le prophète du Liban» par Suheil Bushrui, professeur à l’Université de Maryland aux States, directeur du «Programme de recherches et d’études Khalil Gibran»; un article sur le roman d’expression arabe de 1914 à 1975, ou «Les illusions perdues» signé Jamil Jabre, président du PEN club du Liban; le roman d’expression arabe d’après 1975, évoqué par Georges Dorlian, critique littéraire et professeur à l’UL sous le titre «L’émergence du moi»; c’est Sophie Nicolaïdes-Salloum, critique et professeur d’université, qui aborde le roman d’expression française comme un «enracinement dans l’histoire»; une interview du Goncourt libanais Amin Maalouf par François Bénichou; un portrait (surprise) d’Alexandre Najjar par Anne-Marie Koenig. Côté poésie: Edouard Tarabay, poète, essayiste et traducteur, parle de la poésie d’expression arabe, «De la tradition à l’avant-garde»; Najwa Aoun Anhoury, auteur notamment d’une anthologie de la poésie libanaise d’expression française, aborde ce thème dans une «Quête de l’universel»; Alain Bosquet offre un portrait du grand poète Adonis; Jabbour Douaihy, écrivain et professeur à l’UL, raconte Georges Schéhadé; Misbah el-Samad, professeur à l’UL et traducteur de Salah Stétié, signe un article sur le poète, grand prix de la francophonie; Zahida Darwiche Jabbour, critique littéraire, auteur notamment d’une «Initiation à l’oeuvre de Nadia Tuéni» écrit sur la poétesse de «L a mort domestiquée»; Mahmoud Darwich, «le poète désarmé» se dévoile sous la plume de Manuel Carcassonne; enfin, Aimée Kettaneh égrène ses «Souvenirs et rencontres» du Festival de Baalbeck...
Les dossiers sont une tradition du Magazine Littéraire, puisqu’à chaque numéro, la moitié du mensuel est consacré à un thème «choisi en fonction de l’actualité éditoriale, des salons...» souligne Nicky Fasquelle. Pour ce spécial Liban, la collaboration entre la rédaction à Paris et l’équipe libanaise «a très bien fonctionné, grâce au fax».
Nicky Fasquelle et son époux, PDG des éditions Grasset, reprennent le «Magazine littéraire» en 1970. Elle revendique l’indépendance de son équipe. «Dès le départ, il a été, cependant, bien entendu entre mon époux et moi, qu’il n’intervenait d’aucune façon dans la revue». Et elle constate amusée que «les éditions Grasset sont d’ailleurs souvent les moins bien loties chez nous...»
L’équipe rédactionnelle, composée de deux rédacteurs en chef et d’une journaliste polyvalente, a, bien entendu souvent, recours à des critiques-pigistes. «Outre le dossier du mois et la partie critique littéraire, nous avons une grande interview en fin de magazine».
Le mensuel sort habituellement en fin de mois, «dans le désordre et le retard» dit Mme Fasquelle en riant. Avec un tirage de 90.000 exemplaires et une diffusion qui varie entre 60 et 65.000, le «Magazine littéraire» est derrière l’autre mensuel du livre «Lire». «Lire vend quelque 110.000 exemplaires, mais ils tablent sur une majorité d’abonnés. De plus, nous n’avons pas le même lectorat. Ils sont plus grand public, nous avons une optique plus pédagogique» souligne Nicky Fasquelle.
Le Magazine s’est déjà intéressé à des littératures aussi différentes que l’espagnole, la japonaise, l’américaine de ces 30 dernières années, la russe de la perestroïka...
A l’instar des lecteurs du «Magazine littéraire», Nicky Fasquelle a découvert la littérature libanaise grâce au dossier. «Le but dans un dossier pareil c’est l’ouverture réciproque: faire connaître aux Français les écrivains libanais et faire découvrir aux Libanais notre revue».

Aline GEMAYEL
Le «Magazine littéraire» français consacre dans son dernier numéro un fascicule de 38 pages aux «poètes et romanciers du Liban». «C’est la première fois que la littérature libanaise est disséquée de la sorte dans une revue française» fait remarquer Alexandre Najjar qui a dirigé ce dossier. Nicky Fasquelle, directrice et propriétaire du mensuel est à Beyrouth pour le présenter au salon «Lire en français et en musique».«Le Magazine littéraire est sorti à Beyrouth avant de paraître à Paris» indique-t-elle. «En effet, nous tenions à ce qu’il soit au salon le soir de l’inauguration. Alors la première fournée de 1.500 exemplaires a été expédiée à Beyrouth».Page 98, le dossier démarre par un édito. Il y est d’emblée relevé que le dossier «n’a pas pour but de brosser un panorama exhaustif de...