Premier pensionnaire de l’Institut d’Archéologie de Beyrouth fondé en 1946, par Henry Seyrig, Ernest Will, helléniste formé à l’école française d’Athènes, s’est engagé dans une ligne de recherche très précise. Il a toujours voulu comprendre ce qui se passait au Proche-Orient aux époques hellénistique et romaine. Aussi a-t-il été amené à confronter les originalités orientales des civilisations anciennes à la conception occidentale. «Ce thème a animé l’archéologie dite «française» durant de très longues années dans la région» dit M. Dentzer. «Quand on analysait un bâtiment, une sculpture ou une peinture, on le faisait dans une optique d’ensemble pour tenter de définir les éléments qui se rattachent à l’Orient; et ceux qu’on peut relier à l’Occident» explique le conférencier. «La procédure permet d’analyser scrupuleusement le double aspect du Proche-Orient c’est-à-dire l’originalité propre de la région mais aussi son ouverture sur le monde extérieur. C’est exactement le cas de l’architecture d’aujourd’hui; elle recèle des apports qui viennent de l’Occident mais aussi des particularités appartenant à cette région du monde...», souligne M. Dentzer.
De même, les religions, pratiquées dans les différentes villes du Proche-Orient, constituaient un sujet d’intérêt pour l’archéologue Ernest will. Dans une volonté de comprendre, il s’est penché sur l’évolution des croyances locales «dont la transformation progressive a pris la forme d’ une sorte d’habit fortement marqué par l’art et la pensée grecs...» relève le directeur de l’IFAPO qui ajoute qu’Ernest Will a utilisé toute sa compétence et sa perception «hellénique» pour étudier l’historique de la région.
Ernest Will, également séduit par l’architecture et l’urbanisme, a entrepris une série de travaux au temple de Bêl à Palmyre en Syrie, dans le site d’Iraq al Amir en Jordanie et sur les plans des différentes villes qui se sont développées au cours de la période hellénistique et romaine.
D’autres aspects de la personnalité d’Ernest Will ont été abordés au cours de cette conférence par MM. Camille Asmar, directeur général des Antiquités, Jean-Paul Talmann, responsable de la mission française à Tell Arqa (Akkar), Issam Sarkis, professeur à l’Université libanaise et Edgar Baccache . Ils ont souligné l’importance du rôle joué par l’ancien directeur de l’IFAPO au Liban.
L’IFAPO, une prestigieuse institution dont les travaux contribuent au renouvellement de la connaissance historique et archéologique du Proche-Orient.
May MAKAREM

