Cela fait neuf ans qu’il n’a pas enregistré de disque. Et là, il prépare un nouvel album pour l’an prochain. Son équilibre, il l’a trouvé dans «cette vie à deux faces». Un moment sur le devant de la scène et celui d’après attelé à un roman.
Depuis son premier roman, en 1971, «Les jours en couleurs», Yves Simon a alterné les disques, les voyages, l’écriture et la musique de films. Il en résulte un univers qui est un mixage de sons, d’odeurs, de correspondances mystiques, de caractères, de pays et de sentiments. Des éléments que l’on retrouve au fil des mots dans les onze nouvelles de son dernier livre.
Pour Yves Simon, les sentiments c’est la grande affaire! Sa spécialité littéraire en quelque sorte. C’est d’ailleurs par «La dérive des sentiments», couronné du Prix Médicis en 1991 et traduit en dix langues, que son talent d’écrivain a été vraiment reconnu.
Yves Simon parle d’amour parce que «c’est toujours une grande question dans la vie des hommes et des femmes. Et qu’il est révélateur de l’état d’une société», dit-il. «C’est un sentiment fragile et mimétique. Or, un romancier peut raconter sa propre époque à travers les histoires d’amour. Et j’ai très envie de faire un travail d’historien. C’est à dire qu’on puisse utiliser mes romans et mes chansons pour voir ce que les gens avaient en tête dans les années 90 de ce siècle. Bien sûr les archives des journaux et des télévisions garderont des images d’événements et des nombres mais moi j’aime montrer l’ intériorité des êtres».
Parallèlement à l’amour, Yves Simon aime bien décrire l’impalpable, l’invisible, «ces réseaux de secrets qui relient les êtres humains mais aussi «tous les objets du monde».
Des correspondances entre les hommes, les lieux, les paysages, la nature et les choses, Yves Simon en trouve continuellement au gré de ses voyages. En perpétuel déplacement cet écrivain, qui a déjà fait 22 fois le Japon en vingt ans, fait l’éloge du voyage. «C’est très important pour l’écriture. On y apprend des choses et on en tire une certaine relativité par rapport à soi-même».
Dans le concret, cet auteur pour qui l’écriture est un «intense plaisir» fait ses gammes tous les jours. Il écrit quotidiennement «pour ne pas perdre l’habitude. Il n’y a rien de pire», dit-il, «que d’être inspiré et de ne pas savoir écrire». A ceux qui auraient la velléité d’écrire un roman, cet amoureux des mots conseille de «partir de soi, de son entourage, des gens et des sentiments que l’on connaît le mieux. En littérature, comme dans la vie, il ne faut pas perdre son temps à courir après des chimères, des choses qui ne nous ressemblent pas». Un axiome qu’Yves Simon semble avoir expérimenté et qui constitue d’ailleurs le point névralgique de certains de ses écrits.....
Zéna ZALZAL

