Le footballeur a expliqué qu’il se retirait pour pouvoir notamment se consacrer à ses deux filles, Dalma y Giannina.
Quelques heures plus tôt, le juge fédéral Claudio Bonadio avait annoncé que le contrôle antidopage effectué samedi dernier sur Diego Maradona, à l’issue du match de championnat entre River Pale et Boca Juniors (1-2), était négatif. Il mettait ainsi fin à des rumeurs faisant état d’un nouveau contrôle positif de la star argentine.
Ces fausses rumeurs avaient amené Maradona à annoncer sa prochaine retraite, la huitième.
Maradona était en sursis, la suspension qui lui a été infligée en septembre par la Fédération argentine de football suite à son contrôle positif à l’issue de la rencontre de la première journée du championnat entre Boca et Argentinos Juniors étant «gelée» par la justice, dans l’attente du résultat définitif d’un test ADN demandé par les avocats du joueur.
Diego Armando
Maradona, un dieu
de la planète Foot
Petit. Souvent gros. Réfractaire aux entraînements. Pensionnaire assidu des boîtes de nuit. Mordant dans la vie avec une incroyable voracité. Passant des larmes au rire charmeur en un clin d’œil, Diego Armando Maradona, qui vient de confirmer sa retraite sportive, a toujours été un peu l’antithèse du sportif de haut niveau.
Malgré tous ses excès et sa vie souvent dissolue, il restera un dieu de la planète Foot, au moins l’égal des plus grands, le seul sans doute à avoir fait trembler le trône du roi Pelé.
Arrivé au faîte de la gloire au milieu des années 80, il est également le symbole d’une Argentine s’ouvrant au monde après de longues années d’une meurtrière dictature militaire. En fait, Maradona a réappris aux Argentins à rêver. Il a aussi vengé l’humiliante défaite de la guerre des Malouines d’un simple revers de la main, par une belle soirée brésilienne, un soir de quart de finale de coupe du monde contre l’Angleterre.
Ange ou démon?, se sont souvent interrogés les multiples psychologues argentins. Simplement sans doute un «gamin en or» (Pibe de oro) tombé dans le chaudron de la Bonbonera (le stade de Boca Juniors) quand il était petit et qui n’a plus jamais voulu grandir. Parmi les milliers de photos accompagnant la gloire puis la déchéance de Maradona, deux clichés résument sa vie.
Le premier a été pris en 1986, un soir de finale de coupe du monde, dans le mythique Stade aztèque de Mexico, où Maradona n’est plus qu’un immense sourire en brandissant la Coupe Jules Rimet. Il est au sommet de son art. L’histoire retiendra peut-être son but inscrit de la main contre les Anglais, en quart de finale. Mais les fans de football se repasseront inlassablement son deuxième but, un chef-d’œuvre d’intuition et de talent pur. «J’avais envie de m’arrêter de jouer pour ler regarder», avouera son équipier Jorge Valdamo.
Maradona a écrasé la compétition de sa personnalité, comme l’avait fait avant lui un certain Pelé, seize ans avant, dans ce même stade... Clin d’œil de l’histoire du football, cette image de Maradona faisant s’arrêter le temps dans l’immensité du Stade aztèque rejoint ainsi celle de la tête de Pelé stoppée d’une manière incroyable par le gardien anglais (encore), Gordon Banks, en 1970.
Le second cliché date du 26 avril 1991. Il est beaucoup moins glorieux. Hisurte. Bouffi. Mal rasé. L’œil éteint. Sa gouaille perdue, Maradona sort de son domicile de Buenos Aires entouré par deux policiers qui viennent de l’arrêter pour détention et consommation de cocaïne. C’est le début de la déchéance, des déclarations tapageuses, des outrances de tous ordres, des retours au premier plan soigneusement orchestrés par un entourage de requins. Les cures de désintoxication vont désormais alterner avec les contrôles antidopage positifs.
Le virus avait été contracté au Barrio Chino de Barcelone et soigneusement cultivé pendant les années de gloire à Naples. L’homme-enfant ne pourra jamais s’en débarrasser, envoyant plus d’une fois à la face du monde «le chemin de croix de ma dépendance à la cocaïne».
«Ma vie est sur un terrain de football», aimait à répéter Diego Maradona. Le football l’a fait roi. Il a payé cette gloire comptant et au prix fort. Cerné par les scandales, sous le coup d’une suspension de deux ans pour un nouveau contrôle positif en août dernier, il a préféré accélérer sa retraite pour sauver encore les apparences et quitter le monde du football, à 37 ans, le jour de son anniversaire.
Mais, désormais, il a rejoint dans le cœur de ses supporters les plus grands mythes de l’histoire de l’Argentine, d’Evita à Juan Manuel Fangio.

