«Les Américains lui ont apparemment témoigné beaucoup de respect», déclare Wen Husheng, 35 ans, un vendeur de fruits et légumes d’un petit marché du centre de la capitale.
La veille, la télévision nationale a consacré 20 minutes de son journal du soir à la réception du président chinois à la Maison-Blanche, donnant une large place à la cérémonie protocolaire, avec diffusion intégrale des hymmes nationaux des deux pays.
«Jiang Zemin a été bien reçu, cela prouve que la Chine est beaucoup plus respectée dans le monde entier», estime un paysan venu à Pékin pour la journée. Dans une gargote du centre-ville, la plupart des clients semblent partager son avis.
«Jiang Zemin a ouvert une étape nouvelle des relations sino-américaines», poursuit-il, reprenant le leitmotiv des médias nationaux au cours des dernières semaines. Selon lui, «la Chine et les Etats-Unis sont les deux plus grands pays du monde, leur relation est très importante pour la paix mondiale».
Si, ces dernières années, il a bien senti un refroidissement entre Pékin et Washington, «maintenant que les dirigeants des deux pays se sont rencontrés, ils vont pouvoir se comprendre beaucoup mieux sur les sujets commerciaux, économiques ou culturels».
Les relations entre la Chine et les Etats-Unis se sont fortement dégradées après la répression du Printemps de Pékin, place Tiananmen, en 1989, le contentieux sur les droits de l’homme s’ajoutant aux différends commerciaux.
Il n’y aurait donc plus qu’un seul sujet sur lequel les deux puissances puissent désormais diverger: Taïwan. «Si les Américains s’ingèrent dans cette affaire intérieure chinoise, la guerre sera inévitable et ce sera la faute des Etats-Unis», avertit-il.
Prendre les armes
Un vendeur de matériel de bureau de 25 ans, se dit prêt à prendre les armes et à mourir pour défendre la souveraineté de la mère patrie sur l’île refuge des nationalistes en 1949 après leur défaite face aux communistes. «Je suis un ancien soldat», précise-t-il.
«Content» que son président se soit enfin rendu aux Etats-Unis, il estime que cette visite «est très importante pour l’image de Jiang Zemin dans le monde». L’aide de l’Amérique est importante pour aider au développement de la Chine, mais pas absolument indispensable, car Pékin entretient déjà «beaucoup de relations avec les pays européens», relève-t-il.
L’Amérique, comme en témoigne la bannière étoilée cousue sur la manche de son blouson, a désormais beaucoup d’influence en Chine, du moins dans les grandes villes, reconnaît-il. «Mais la culture chinoise est la plus riche du monde, avec ses 5000 ans de civilisation, et il n’est pas possible de l’influencer».
Ainsi, des droits de l’homme: «la Chine a un système socialiste différent du système américain. On ne peut pas comparer ces deux systèmes et les Etats-Unis ne doivent pas chercher à donner des leçons à la Chine sur ce sujet», ajoute-t-il, tout en reconnaissant que le respect des droits de l’homme pose problème en Chine.
«Ici, nous avons toujours fait comme ça depuis 5000 ans, il est très difficile de changer les habitudes du jour au lendemain». (AFP)

