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Actualités - Chronologie

Pologne Couvre-feu pour les moins de 18 ans : Radom respire...

Le calme règne la nuit à Radom, une ville de 200.000 habitants du centre de la Pologne où un couvre-feu est imposé pour les moins de 18 ans entre 23 heures et 5 heures du matin. Plusieurs autres villes du pays, dont Varsovie, se déclarent très intéressées par l’expérience et certaines s’apprêtent à l’imiter.
Accompagnant une patrouille de police dans le centre-ville, un journaliste a pu constater que les mineurs y étaient introuvables. Les deux policiers, circulant lentement au son de la musique country à bord d’un minibus dont la partie arrière forme une mini-cellule, interpellent bien deux ivrognes, qui font du bruit dans un immeuble délabré, puis empêchent un vol à l’arraché à proximité de la gare. «Rien que de la routine, constatent-ils. Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles mesures, le 3 octobre, les jeunes voyous se sont tous cachés. Tant mieux».
L’effet psychologique du couvre-feu joue à plein. En quatre semaines, il n’y a eu que deux vraies interpellations, l’une d’un adolescent en fugue d’un orphelinat qui s’apprêtait à voler une fourgonnette, l’autre d’une jeune fille de quinze ans qui circulait en voiture en compagnie de deux ivrognes, indique le porte-parole de la police de Radom, Tadeuusz Kaczmarek. «Avant, nous avions en moyenne 3 ou 4 interventions par jour pour des histoires concernant des jeunes, 7 ou 8 en fin de semaine. Maintenant, la moyenne est tombée à deux incidents», dit-il.
Radom n’’était ni plus ni moins affectée par la violence gratuite des jeunes que d’autres villes polonaises. Comme ailleurs, une «marche noire» de protestation y avait été organisée au début de l’année, à la suite du meurtre d’un mineur à la sortie d’une soirée en discothèque. Comme ailleurs, cette manifestation spontanée n’avait pas empêché deux autres meurtres commis par des adolescents, l’un dans un stade de football, l’autre dans la rue, où un jeune vandale a tué d’un coup de batte de base-ball un homme qui voulait l’empêcher de détruire un interphone dans une entrée.
Le projet de limiter la circulation des jeunes la nuit a germé dans la tête de Jacek Wolski, «porte-parole des droits de l’enfant» (une fonction officielle) et responsable local de la société d’Amis des Enfants. Il a découvert dans une loi vieille de quinze ans et portant sur la protection de l’enfance un article stipulant «qu’un mineur sans surveillance ou dont l’identité n’est pas établie, doit être mis en sécurité».
La police a saisi l’idée au vol. Depuis le 3 octobre, tout enfant de moins de 13 ans découvert sans surveillance après 23 heures sur la voie publique doit être conduit dans un service d’assistance où il passera la nuit, alors que la police cherchera à retrouver ses parents. Les jeunes entre 13 et 18 ans ne coucheront dans un centre d’accueil géré par la police que s’ils n’ont pas de documents d’identité ou si la police les soupçonne de mentir à propos des raisons de leur promenade nocturne. Les autres connaissent le plaisir relatif de rentrer chez eux à bord d’une voiture de police.
Les résultats obtenus à Radom ont reçu une grande publicité en Pologne où plusieurs assassinats commis par de très jeunes adolescents, parfois de bonne famille, avaient défrayé la chronique ces derniers mois. Des chefs-lieux de voïvodie, telles Lublin, Koszalin, Biala-Podlaska ou Lomza ont déclaré vouloir suivre son exemple. Et à Varsovie même, l’idée a fait l’objet d’un débat houleux au Conseil municipal. Une décision définitive n’a pas été prise surtout parce que la police manque de locaux pour accueillir d’éventuels jeunes noctambules sans papiers. (AFP)
Le calme règne la nuit à Radom, une ville de 200.000 habitants du centre de la Pologne où un couvre-feu est imposé pour les moins de 18 ans entre 23 heures et 5 heures du matin. Plusieurs autres villes du pays, dont Varsovie, se déclarent très intéressées par l’expérience et certaines s’apprêtent à l’imiter.Accompagnant une patrouille de police dans le centre-ville, un journaliste a pu constater que les mineurs y étaient introuvables. Les deux policiers, circulant lentement au son de la musique country à bord d’un minibus dont la partie arrière forme une mini-cellule, interpellent bien deux ivrognes, qui font du bruit dans un immeuble délabré, puis empêchent un vol à l’arraché à proximité de la gare. «Rien que de la routine, constatent-ils. Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles mesures, le 3 octobre,...