A Bonn, où s’est achevé vendredi le dernier round de négociations avant la conférence de Kyoto (Japon) qui doit fixer des limites aux émissions de gaz à effet de serre, les assureurs ont affirmé que les sinistres dus aux tempêtes et autres «événements climatiques extrêmes» se multipliaient.
Le coût de telles catastrophes, qui se chiffre en milliards de dollars, risque de croître considérablement, selon les assurances qui prônent l’adoption d’un protocole réduisant de façon «substantielle» les émissions de ces gaz nocifs.
Défendant «une action internationale concertée pour limiter les risques», 71 compagnies d’assurance de 24 pays (Suisse, Allemagne, Grande-Bretagne, Japon) participent à «l’initiative pour l’environnement», lancée en juillet 1996 à Genève par le Programme de l’ONU pour l’environnement (PNUE).
Au vu des études scientifiques et de leurs statistiques, les assureurs sont convaincus que «l’activité humaine affecte déjà le climat mondial grâce à l’effet de serre, ce qui va accroître la probabilité d’événements météorologiques extrêmes dans certaines régions et une augmentation spectaculaire des dégâts immobiliers avec de sérieuses conséquences pour les assureurs et réassureurs».
Le hasard existe, reconnaissent-ils, mais ne peut expliquer «l’augmentation dramatique des catastrophes depuis le début des années 80, lorsqu’on a commencé à observer une hausse exceptionnellement forte des températures».
Les assureurs affirmant ainsi que le nombre de catastrophes dites «naturelles» a quadruplé lors de la dernière décennie (1985- 1995) par rapport aux années soixante. Pendant la même période, les dommages ont été multipliés par six et les indemnisations par 14.
L’exemple type, à leurs yeux, est l’ouragan Andrew en 1992. Il a coûté 17 milliards de dollars aux assurances, mais la facture aurait dépassé 50 s’il avait touché la région de Miami de plein fouet. Une catastrophe provoquée par le réchauffement aurait de très graves conséquences dans un pays comme les Etats-Unis, prévient le directeur général de General Accident (GB), Andrew Dugolecki. «Elle est déjà possible et coûterait des dizaines de milliards de dollars», selon lui.
En 1995, ces catastrophes ont coûté 70 milliards de dollars par an aux assurances, le plafond des 100 milliards risquant d’être dépassé dès l’an 2000.(AFP)

