Le milliardaire américain George Soros lance un sévère avertissement sur l’instabilité des marchés financiers, qui «peuvent bouger dans des directions inattendues et devenir chaotiques», jeudi dans un entretien à l’hebdomadaire britannique «New Statesman».
«Je crois que la vue dominante selon laquelle les mécanismes du marché doivent être étendus à tous les domaines peut potentiellement détruire la société», a déclaré M. Soros.
«A moins que nous revoyions notre conception des marchés, notre compréhension des marchés, ils vont s’effondrer, car nous créons des marchés globaux, des marchés financiers globaux, sans comprendre leur véritable nature», ajoute M. Soros.
Ces propos sont contenus dans un dialogue organisé par le New Statesman, entre M. Soros et le directeur de la London School of Economics (LSE) Anthony Giddens. Cette rencontre, qui avait eu lieu le 7 mai 1997, est antérieure à l’agitation actuelle sur les marchés financiers.
«Nous avons cette fausse théorie que les marchés, laissés à leurs propres mécanismes, tendent vers l’équilibre», poursuit M. Soros, en ajoutant que les autorités de régulation jouent un rôle important dans la stabilisation des marchés.
«Par exemple, il y a un certain degré de coopération entre les banques centrales», indique le financier, mais les trois principales banques centrales — américaine, japonaise et allemande — ont des idéologies très différentes, selon lui.
M. Soros estime que les autorités de régulation américaines sont celles qui appréhendent le mieux l’instabilité des marchés financiers.
«Les Américains ont une assez bonne compréhension (…) de l’instabilité — Alan Greenspan (président de la Réserve fédérale), Lawrence Summers (secrétaire adjoint au Trésor), Robert Rubin (secrétaire au Trésor) — sont des gens en qui j’ai confiance, ils comprennent les marchés autant que cela est possible», a déclaré M. Soros.
Il estime que, seule l’intervention des autorités de régulation a permis au système de subsister. «Il a survécu seulement grâce aux interventions, les autorités sont venues à la rescousse». (AFP)

