M. Giuliani, 53 ans, devance (59% contre 31%) son adversaire démocrate Ruth Messinger, 54 ans, présidente de Manhattan, l’un des cinq districtes de New York avec Staten Island, Queens, le Bronx et Brooklyn, selon un sondage de l’Université Quinnipiac (banlieue de New York), conforme à une dizaine d’autres enquêtes.
«D’habitude, les élus sortants, même les plus populaires, perdent un peu de leur lustre durant la campagne mais (…) ce type s’en sort sans une égratignure», selon Maurice Carroll, directeur de l’institut de sondage de Quinnipiac, qui fait autorité en la matière.
La baisse de la criminalité a été enregistrée dans tout le pays mais plus spectaculairement à New York. Les meurtres y ont chuté de plus de 50% en quatre ans et la ville est devenue la plus sûre des grandes métropoles américaines.
«Les femmes, les Noirs, les Hispaniques ou les juifs apprécient comme tout le monde de vivre dans des quartiers plus sûrs et de prendre le métro tranquillement: que Mme Messinger soit femme, juive, et de gauche ne lui apporte aucun soutien particulier», explique Mitchel Moss, professeur de sciences politiques à l’Université de New York.
Mme Messinger, engagée dans la politique locale depuis vingt et un ans, a dénoncé les coupes budgétaires dans le budget de l’éducation et l’autoritarisme du maire, mais un récent sondage du «New York Times» lui a donné le coup de grâce: 60% des électeurs interrogés n’avaient pas d’opinion à son sujet.
Tourisme
Soixante-huit pour cent des New-Yorkais approuvent l’action de Giuliani, un républicain atypique favorable à la liberté de l’avortement, l’immigration ou les droits des homosexuels.
Pourtant, ils sont plus de la moitié à ne pas aimer cet ancien procureur, froid et autoritaire, qui a mis fin en 1993 à vingt-cinq ans de règne démocrate dans une ville qui, lors de l’élection présidentielle, continue à voter pour ce parti à plus de 80%.
Des dizaines d’élus démocrates, syndicats, leaders noirs, hispaniques, juifs ou asiatiques, et les quatre quotidiens de la ville ont appelé à réélire M. Giuliani.
Quatre-vingt-seize pour cent le rendent directement responsable de l’amélioration de la vie à New York au cours des quatre dernières années, une réalité pour 64% des personnes interrogées.
Les rues et le métro sont propres, drogue et commerce du sexe ont, pour l’essentiel, été chassés de Times Square et de la 42e rue, tandis que Disney s’y installait, et un nombre record de 32 millions de touristes a visité New York en 1996.
M. Giuliani est préféré à Mme Messinger, qu’il s’agisse de s’occuper de la fiscalité (57% contre 23%) ou de l’économie (60% contre 24%), selon le sondage de Quinnipiac.
Le chômage atteint 9,3% dans la ville, plus du double de la moyenne nationale, mais la bonne santé de Wall Street a généré des revenus importants pour les finances municipales. Les petites entreprises ont bénéficé de réductions d’impôts, amplifiées par la lutte contre la mafia qui a fait baisser le prix du ramassage des ordures ou des travaux de construction.
Mme Messinger ne devance M. Giuliani qu’en matière d’éducation (48% contre 40%) et de relations interraciales (44% contre 36%).
Malgré quelques affaires récentes de brutalité policières sur des Noirs ou des Hispaniques que des analystes avaient alors jugé de nature à influencer l’élection, 65% des Hispaniques rééliraient M. Giuliani, 29% se prononçant pour Mme Messinger, selon un sondage publié mercredi par le «Daily News».
Mme Messinger recueillerait les suffrages de 65% des Noirs, contre 21% pour M. Giuliani, mais cette communauté est notoirement abstentionniste. Il y a quatre ans, contre le maire sortant noir David Dinkins, M. Giuliani n’avait recueilli que 4% du vote noir. (AFP)

