Les jeunes délinquants britanniques pourront à l’avenir être contraints de s’excuser auprès de leurs victimes dans le cadre d’un projet inspiré de coutumes tribales des Maoris, a annoncé mercredi le ministre travailliste de l’Intérieur Jack Straw.
«Je trouve extraordinaire que les jeunes délinquants soient rarement invités ne serait-ce qu’à écrire des lettres d’excuses à leurs victimes. Je veux que cela change», a déclaré le ministre, engagé depuis plusieurs semaines dans une véritable croisade contre la délinquance juvénile.
M. Straw entend introduire cette mesure dans un grand projet de loi sur la lutte contre la criminalité qui doit être prochainement soumise aux députés. Elle s’inspire d’une expérience pilote menée par la police dans la ville d’Aylesburry (centre), sur le modèle de pratiques de la communauté polynésienne maorie qui ont déjà été reprises en Nouvelle-Zélande.
L’expérience a permis de ramener le taux de récidive des jeunes de 30% à 4% dans la cité britannique.
Les jeunes délinquants pourraient être amenés à venir présenter leurs excuses directement à leurs victimes, en présence de policiers et de travailleurs sociaux, ou sous forme de lettre. Le gouvernement prévoit également de les forcer — eux ou leurs parents — à effectuer de menus travaux de compensation pour le compte des personnes qu’ils ont agressées.
«Je veux qu’on fasse en sorte que les jeunes délinquants comprennent les conséquences de leurs actes, ce n’est que justice qu’ils soient amenés à réparer les dégâts qu’ils ont causés et disent pardon», a souligné Jack Straw, lors d’une conférence sur la sécurité.
Il a estimé que le système actuel était «épouvantable» car il donnait un sentiment d’impunité aux jeunes.
Le gouvernement travailliste, qui chasse sans complexe sur les terres traditionnellement conservatrices, a choisi la manière forte pour lutter contre la délinquance juvénile.
Son projet de loi envisage déjà un couvre-feu pour les délinquants récidivistes et des séminaires de rééducation voire même l’emprisonnement pour les parents défaillants, qui pourraient être assignés en justice à la place de leur progéniture.
Le gouvernement envisage également de mettre fin à la «présomption d’irresponsabilité» des enfants âgés de 10 à 13 ans, scellée par une loi du Moyen Age. (AFP)

