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Actualités - Chronologie

Islamistes, démocrates et FLN unis contre le pouvoir

Unis pour la première fois, militants de deux partis islamistes légaux, de la mouvance «démocrate» et de l’ancien parti unique doivent manifester jeudi à Alger pour protester contre la «fraude» lors du dernier scrutin local et tenter de faire reculer le gouvernement.
Cette marche, première manifestation unitaire depuis l’instauration du multipartisme, en 1989, doit constituer le temps fort d’un mouvement de contestation qui se développe aussi dans plusieurs villes de l’intérieur.
Jusqu’à présent, les pouvoirs publics ont choisi de ne pas s’opposer à la volonté des protestataires de descendre dans la rue, et la presse gouvernementale défend le fait que la seule voie légale de recours est celle de la Justice et des commissions électorales.
Deux des partis siégeant au gouvernement, le Front de libération nationale (FLN, ex-parti unique) et le premier parti islamiste légal, le Mouvement de la société pour la paix (MSP, ex-Hamas) ont appelé à participer jeudi à la marche.
Les autres partis qui appellent à la manifestation sont les partis rivaux de la mouvance «démocrate», le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et le Front des forces socialistes (FFS).
Le mouvement islamiste Ennahda, à la ligne plus «dure» que le MSP, est aussi signataire. Le mouvement d’extrême-gauche, le Parti des travailleurs (PT), participe aussi à la manifestation.
L’appel de ces cinq partis explique que les élections locales de jeudi, largement remportées par le parti présidentiel du Rassemblement national démocratique (RND) «ont été vidées de leur contenu démocratique par le pouvoir en faisant de la fraude une pratique politique».
La marche partira du grand quartier populaire de Belcourt à 14h00 locales (13h00 GMT) pour s’achever devant le siège du Gouvernorat d’Alger.
Le MSP de cheikh Mahfoud Nahnah a aussi décidé de se retirer des Assemblées communales et départementales issues du scrutin de jeudi.
«Le pouvoir a donné une occasion en or à l’opposition, toutes tendances confondues, de se liguer contre lui», estimait le quotidien privé el-Watan.
La pression de la base a manifestement conduit le MSP et le FLN à durcir le ton, mais sans remettre en cause, jusqu’à présent, leur participation au gouvernement, ni au Parlement élu en juin.
Outre Alger, des initiatives locales agitent certaines villes de l’intérieur: retrait des candidats, sit-in de protestations, marches.
Jeudi, des manifestations seront organisées à Tizi-Ouzou et Bejaia, les deux principales villes de Kabylie, remportées par le FFS. Une autre marche unitaire est prévue le 6 novembre à Oran, deuxième ville du pays.
Lundi, plusieurs milliers de personnes avaient manifesté à Alger à l’appel du FFS, qui a indiqué qu’il était prêt à aller jusqu’à la «désobéissance civile». Le FFS avait passé outre lundi à l’absence d’autorisation pour manifester.
Face à l’amplification de la contestation, le gouvernement a réagi pour le moment par la voie de son porte-parole, le ministre de la Culture et de la Communication, Habib-Chawki Hamraoui. Ce qui se passe «est tout à fait normal et attendu, c’est cela la démocratie», a-t-il déclaré mardi.
La presse gouvernementale attaquait mercredi les protestataires.
Le nombre de recours présentés par les partis — plus de 1.160, selon une source officielle — ne représente qu’un pourcentage de 1,6% au niveau national, «correspondant aux seuils connus dans les plus anciennes démocraties», affirme le journal el-Moudjahid. (AFP)
Unis pour la première fois, militants de deux partis islamistes légaux, de la mouvance «démocrate» et de l’ancien parti unique doivent manifester jeudi à Alger pour protester contre la «fraude» lors du dernier scrutin local et tenter de faire reculer le gouvernement.Cette marche, première manifestation unitaire depuis l’instauration du multipartisme, en 1989, doit constituer le temps fort d’un mouvement de contestation qui se développe aussi dans plusieurs villes de l’intérieur.Jusqu’à présent, les pouvoirs publics ont choisi de ne pas s’opposer à la volonté des protestataires de descendre dans la rue, et la presse gouvernementale défend le fait que la seule voie légale de recours est celle de la Justice et des commissions électorales.Deux des partis siégeant au gouvernement, le Front de libération...