La police, qui utilise un chien renifleur, devait avoir également recours à des produits chimiques pour tenter de retrouver d’éventuelles traces de sang dans la maisonnette, et dans le petit jardin adjacent.
Bien que de précédentes fouilles, plus sommaires, n’aient rien donné, les enquêteurs veulent déterminer avec certitude si Pandy a commis des crimes en Hongrie, a indiqué le colonel de la police Lajos Kovacs.
Ils ont lancé un appel à témoin, en ouvrant une ligne de téléphone, pour tenter de retrouver des femmes ayant répondu aux annonces du pasteur ayant pour code «Lune de miel européenne». Huit Hongroises dans ce cas ont été identifiées par la police et certaines ont été interrogées.
La police suspecte que Pandy a rencontré et attiré d’autres femmes en Hongrie, qui ne se sont pas encore fait connaître.
Selon les premiers témoignages, Pandy était «une personne très convaincante, qui avait du savoir-faire avec les femmes», a indiqué le colonel Kovac.
«Il se présentait à ces femmes parfois comme pasteur, parfois comme professeur ayant des moyens financiers suffisants», a-t-il ajouté, notant que Pandy avait également habité chez certaines femmes en Hongrie.
Ses voisins et son entourage ont également souligné que ces femmes étaient surtout attirées par la perspective d’une vie confortable, en compagnie de ce pasteur gentil et poli qui leur achetait des cadeaux.
Les Hongroises interrogées par la police ont souligné que son comportement changeait une fois en Belgique. La plupart l’ont accusé de les avoir quasiment séquestrées et de leur avoir interdit de rencontrer les gens qu’il recevait chez lui.
La police a également rouvert les dossiers de disparitions suspectes de femmes et d’enfants en Hongrie au cours des dix dernières années, afin de déterminer d’éventuels liens avec Pandy, soupçonné de l’assassinat de ses deux ex-femmes hongroises et de quatre de ses enfants.
De nouveaux ossements ont été retrouvés lors de fouilles dans la deuxième des trois maisons bruxelloises du pasteur Pandy et le parquet belge a confirmé qu’au moins deux cadavres ont été enterrés dans cette maison.
La police hongroise soupçonne en outre que sa première femme était déjà décédée en 1992, lorsqu’il a divorcé. Elle n’avait pas participé à la procédure et un avocat hongrois de renom, Me Jozsef Szoegyenyi, a affirmé mardi dans la presse hongroise que Pandy lui avait demandé «de le représenter dans la procédure de divorce contre sa première femme qui l’avait quitté».
Le pasteur est également suspecté d’avoir forcé sa deuxième femme, rencontrée par petite annonce, à quitter la Hongrie clandestinement après avoir kidnappé la fille de celle-ci.
La police hongroise recherche également deux femmes et un homme qui se seraient fait passer pour des proches du pasteur.
La presse hongroise accorde une large place à l’affaire du pasteur, et le médiateur des droits de l’homme, Laszlo Majtenyi, lui a demandé plus de discrétion à l’égard des gens «qui avaient déjà assez souffert dans cette affaire». (AFP)


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