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Actualités - Chronologie

Le gouvernement Khatemi à l'épreuve de la flambée des prix en Iran

«Sans doute, le malaise économique provoqué par une forte inflation est le plus grand défi du nouveau gouvernement», a reconnu dimanche le journal Kar-o-Kargar, proche des milieux ouvriers.
En l’espace de deux mois en effet, pratiquement tous les produits de consommation courante ont augmenté, alors que les revenus de la quasi-totalité de la population sont restés inchangés.
L’inflation a été officiellement de 23,2% au cours de l’année fiscale qui s’est achevée en mars1997, contre 49,4% l’année précédente.
Depuis le mois d’août au cours duquel le nouveau gouvernement a été formé, les produits alimentaires connaissent une hausse lente mais régulière.
Les prix de certains produits comme les œufs, le beurre ou les cigarettes étrangères ont même explosé en raison d’une relative pénurie.
En revanche, les tarifs de nombreux produits importés, notamment l’électroménager, ont enregistré une baisse en raison, semble-t-il, de la chute du pouvoir d’achat.
Les chiffres de l’inflation sont pris toutefois avec prudence par des experts économiques iraniens et étrangers, même si une baisse sensible a été enregistrée au cours de la dernière année fiscale iranienne.
Pour 1995-96, le chiffre officiel de 49,4% avait été, selon des évaluations étrangères, plus proche de 70% dans la réalité.
Quel que soit le chiffre exact, difficile à évaluer dans une économie où les prix des principaux produits de base sont subventionnés, l’inflation préoccupe le gouvernement et la population.
Le pays a depuis trois ans entrepris une politique d’austérité draconienne pour maîtriser l’inflation, qui s’est traduite par une chute des importations et un freinage de l’activité économique.

Rapport officiel

Dans un rapport publié dimanche, la Banque centrale a reconnu que les prix des produits alimentaires, les boissons et le tabac avaient enregistré une hausse de 0,5% sur un mois — entre le 23 août et 22 septembre —, soit une hausse de 17,5% par rapport à l’année précédente.
Pour la Banque centrale, cette hausse a été provoquée par celle au cours du dernier mois des produits laitiers (6,4%), des œufs (2,7%) et des légumes (4,4%).
Le kilo d’huile végétale est ainsi passé depuis l’été de 5.000 rials (1,2 dollar) à 10.000 rials (2,5 USD), le litre de lait de 1.500 à 2.400 rials, le kilo de beurre de 10.000 à 11.300 rials, le kilo de poulet de 4.500 à 8.000 rials.
L’inflation et la chute du pouvoir d’achat ne touchent plus seulement les couches défavorisées mais surtout les salariés des classes moyennes en proie à une baisse permanente de pouvoir d’achat.
Le pain, subventionné, est l’un de rares produits à n’avoir pas bougé, mais le riz dont les Iraniens font une grosse consommation quotidienne devient inaccessible et s’achète aux alentours de 6.000 rials le kilo (près de 1,5 USD).
Les tarifs des taxis et du transport urbain ont connu des hausses comparables.
Pour les employés de l’administration ou les ouvriers, un seul travail n’est plus suffisant pour faire vivre leur famille. De fait, la corruption et les pots-de-vin s’étendent à tous les échelons du pouvoir et de l’appareil administratif.
Les difficultés de la vie quotidienne et les interrogations sur la capacité du nouveau gouvernement à maîtriser les prix tiennent désormais une large place dans la presse iranienne.
«Les milieux économiques suivent avec inquiétude la situation du budget du gouvernement de M. Khatemi, qui devrait connaître un fort déficit et donc une baisse des dépenses de développement», a affirmé le journal Kar-o-Kargar.
M. Khatemi lui-même est monté récemment au créneau pour promettre qu’il ne prendrait «aucun décision économique qui ait des effets négatifs sur les plus défavorisés», mais n’a pas encore annoncé de mesure concrète. (AFP)
«Sans doute, le malaise économique provoqué par une forte inflation est le plus grand défi du nouveau gouvernement», a reconnu dimanche le journal Kar-o-Kargar, proche des milieux ouvriers.En l’espace de deux mois en effet, pratiquement tous les produits de consommation courante ont augmenté, alors que les revenus de la quasi-totalité de la population sont restés inchangés.L’inflation a été officiellement de 23,2% au cours de l’année fiscale qui s’est achevée en mars1997, contre 49,4% l’année précédente.Depuis le mois d’août au cours duquel le nouveau gouvernement a été formé, les produits alimentaires connaissent une hausse lente mais régulière.Les prix de certains produits comme les œufs, le beurre ou les cigarettes étrangères ont même explosé en raison d’une relative pénurie.En revanche, les...