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Actualités - Chronologie

Les Roms repartent sur les routes de l'exil

Les Tziganes tchèques et slovaques, dont les conditions de vie se sont dégradées depuis la chute du communisme, sont de plus en plus nombreux à choisir l’exil vers les pays occidentaux où ils espèrent trouver des sociétés plus accueillantes.
Plusieurs centaines de Roms de Slovaquie ont demandé ces dernières semaines l’asile en Grande-Bretagne et plus d’un millier de Tziganes de Bohême-Moravie attendent leur régularisation au Canada. Devant cet afflux imprévu, Ottawa exige dorénavant un visa pour les citoyens tchèques. Londres, de son côté, a refoulé vers Calais (nord de la France) une soixantaine de candidats d’un groupe de quelque 150 Tchèques et Slovaques qui venaient de débarquer dans le port britannique de Douvres.
«Les Roms d’ex-Tchécoslovaquie — ils seraient entre 450.000 et 800.000 — fuient le racisme et les discriminations», a déclaré Ivan Vesely, président d’une association tzigane et entrepreneur pragois. «Les Roms qui se sentent menacés et mis au ban de la société tchèque, ne voient plus de perspective d’existence dans leur pays d’origine», a-t-il ajouté.
Selon, Klara Orgovanova, ex-conseiller du premier ministre slovaque pour les questions tziganes, «la dégradation du chômage et l’agressivité croissante des relations entre Roms et non-Roms poussent les Tziganes à chercher des sociétés plus accueillantes».
«Les Roms sont, par leur culture, mobiles, souligne-t-il. S’ils ne trouvent pas de travail ni les moyens de résoudre leurs problèmes en Slovaquie, ils vont alors ailleurs».

Chômage

Le chômage touche quelque 70% de la population tzigane en République tchèque et atteint même les 90% dans les villages roms de l’est de la Slovaquie. Peu qualifiés, les Roms qui étaient employés sous le communisme dans l’industrie lourde et le bâtiment, ont été les premières victimes des réformes économiques engagées après la «révolution de velours» en 1989.
«En raison de leur très bas niveau de vie, des problèmes pour trouver un travail et un logement en Slovaquie, les 120 livres (200 dollars) par semaine qu’accordent les autorités britanniques aux demandeurs d’asile, en plus de l’hébergement et de la nourriture, représentent pour les Roms un pactole», reconnaît Karol Horvath, président de l’Initiative civique rom de Slovaquie.
Selon M. Vesely, la multiplication des agressions racistes, verbales ou physiques, à l’encontre de Roms — douze d’entre eux ont été tués par des skinheads depuis 1990 en République tchèque—et «l’incapacité du gouvernement de Prague à faire face à la montée de la xénophobie», entretiennent le sentiment d’insécurité des Roms.
«L’émigration des Roms tchèques et slovaques n’est pas un phénomène récent. Il a commencé dès 1991 et s’est seulement accéléré au cours des dix-huit derniers mois, indique-t-il. Les classes moyennes roms, les mieux intégrées, formées et disposant de ressources, sont parties tenter leur chance à l’étranger».
«Beaucoup d’elles ont réussi en Amérique latine, en Australie, au Canada et leur exemple a souvent incité famille ou amis restés au pays, à les rejoindre», explique M. Vesely. (AFP)
Les Tziganes tchèques et slovaques, dont les conditions de vie se sont dégradées depuis la chute du communisme, sont de plus en plus nombreux à choisir l’exil vers les pays occidentaux où ils espèrent trouver des sociétés plus accueillantes.Plusieurs centaines de Roms de Slovaquie ont demandé ces dernières semaines l’asile en Grande-Bretagne et plus d’un millier de Tziganes de Bohême-Moravie attendent leur régularisation au Canada. Devant cet afflux imprévu, Ottawa exige dorénavant un visa pour les citoyens tchèques. Londres, de son côté, a refoulé vers Calais (nord de la France) une soixantaine de candidats d’un groupe de quelque 150 Tchèques et Slovaques qui venaient de débarquer dans le port britannique de Douvres.«Les Roms d’ex-Tchécoslovaquie — ils seraient entre 450.000 et 800.000 — fuient le...