Alors que le «groupe de Minsk», co-présidé par la France, les Etats-Unis et la Russie dans le cadre de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) s’emploie à trouver une issue négociée au conflit qui oppose depuis près de dix ans l’Azerbaïdjan et sa région sécessionniste, celle-ci construit pierre à pierre une indépendance de fait, avec l’aide de l’Arménie et des Arméniens de la «diaspora».
«Dix ans après nos premières élections législatives, les enfants d’ici ne se sentent pas du tout azerbaïdjanais mais habitants du Nagorny Karabakh», affirme Karen Babourian, «vice-ministre des Affaires étrangères».
La guerre déclenchée en 1988 par les autorités azerbaïdjanaises et gagnée sur le terrain en 1993 par les «Karabakhtsy» et l’armée arménienne a creusé le fossé entre Bakou, la capitale de l’Azerbaïdjan, et le Nagorny Karabakh.
Les ruines de Chouchi, naguère ville peuplée d’Azéris d’où partaient les bombardements sur Stépanakert, et celles de plusieurs villages environnants témoignent que l’on a voulu rendre impossible un retour des populations musulmanes azéries qui en ont été chassées.
En revanche, Stépanakert a presque effacé les traces des bombardements qu’il a subis et l’on a reconstruit l’église et le monastère de Chouchi. Quant aux travaux sur la route de montagne qui relie Stépanakert à l’Arménie par le «couloir de Latchine», conquis sur l’Azerbaïdjan en 1992, ils sont en voie d’achèvement. Ils sont financés par le «fonds arménien» chargé de collecter les fonds de la diaspora.
Chaque jour, camions et voitures chargés de produits arméniens, iraniens, émiratis, russes ou chinois partent à l’assaut des quelque 45 km de pierres, de terres de remblai et de goudron, slalomant entre fondrières et engins de chantier, pour approvisionner Stépanakert dont le marché, par ailleurs, regorge de fruits et de légumes locaux. (AFP)


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