«Nous sommes la plus ancienne communauté étrangère avec la grecque», note fièrement le consul d’Italie au Caire, Massimo Lavezzo. «Il y a des Italiens dans ce pays depuis plus de 2.000 ans, quand Jules César posa le pied à Alexandrie et fut séduit par la belle Cléopâtre», ajoute-t-il.
Le conseiller économique à l’ambassade italienne, Calogero Di Gesù, souligne que Rome «considère l’Egypte comme le pays prioritaire de la Méditerranée». «Nous y encourageons les investissements».
«Nous pensons que l’Egypte sera le centre arabe d’une zone de libre-échange euro-méditerranéenne», renchérit Michele Miele, l’attaché scientifique.
La plus importante des vingt grandes entreprises italiennes implantées en Egypte est l’IEOC, une joint-venture contrôlée par le géant italien des hydrocarbures ENI, second producteur de pétrole en Egypte (300.000 b/j) et premier producteur de gaz naturel (15 millions de m3 par jour).
L’Italie est également très présente dans l’automobile et les scooters avec Fiat et Piaggio et dans les télécommunications.
En 1996, elle était le deuxième partenaire commercial, derrière les Etats-Unis, avec un montant d’échange de 2,3 milliards USD.
En revanche, avec 4.000 ressortissants au Caire et 1.000 dans le reste du pays, la présence italienne a périclité. «Nous étions la deuxième communauté étrangère et aujourd’hui nous n’occupons plus que la sixième place après le départ massif dans les années 50 des Italiens nés en Egypte», selon M. Lavezzo.
«Les Italiens d’Egypte diminuent et sont remplacés par les expatriés temporaires», a affirmé Luigi De Luca, un octogénaire, qui préside la Société italienne de bienfaisance, fondée en 1868.
Depuis 1903, il existe un hôpital italien au Caire, «mais aujourd’hui patients et médecins sont presque tous Egyptiens», ajoute M. De Luca, dont le père s’est installé au début du siècle en Egypte, pour décorer une cathédrale byzantine.
Même la structure professionnelle des expatriés a changé. «Les cadres remplacent les dirigeants des grandes entreprises car nous abandonnons les grands projets d’infrastructure pour la formation du personnel égyptien afin de favoriser le passage à l’économie de marché», selon M. Di Gesù.
Avec plus de 400.000 visiteurs attendus en 1997, le tourisme italien est le deuxième en Egypte après l’allemand. Il a «conquis» récemment Charm el-Cheikh, la principale station balnéaire de la mer Rouge, où plusieurs Italiens se sont lancés dans des affaires.
«L’Italie a pris pied en Egypte à Alexandrie et aujourd’hui elle est arrivée jusqu’à la pointe du Sinaï, sur la mer Rouge», note Mme Faiza Frigido, consul honoraire d’Italie dans cette ville du Sinaï. (AFP)


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