Un responsable du Bureau du train à grande vitesse au ministère, Lu Naikuan, a déclaré jeudi que l’étude de faisabilité de ce projet, évalué à 11 milliards de dollars, attendait l’approbation «imminente» de la Commission d’Etat au Plan.
«Une partie du projet a déjà été approuvée, et nous espérons obtenir l’accord sur la totalité de l’étude d’ici quelques jours», a-t-il dit.
Dans un article publié jeudi par le China Daily, Zhou Yimin, directeur du département de la Science et de la Technologie au ministère, a annoncé que «si le projet est approuvé, la première phase devrait être construite entre Shanghai et Nankin». 300 km séparent ces deux villes de l’est du pays.
«Nous sommes en train de travailler d’arrache-pied sur l’étude préliminaire de cette ligne à grande vitesse et nous sommes en discussions avec des constructeurs japonais, allemands, français, espagnols et italiens», a ajouté M. Zhou.
L’aide étrangère
indispensable
Sur le financement du projet, Lu Naikuan a indiqué que la Chine pourrait faire appel à des investissements à l’étranger, publics ou privés.
Le futur train à grande vitesse traversera 4 provinces de l’est et du nord de la Chine (Hebei, Shandong, Anhui et Jiangsu), avec une densité de population très élevée (26,6 pc de la population totale).
Les principaux concurrents en lice sont le train japonais Shinkansen, l’allemand ICE (Siemens) et le français TGV (GEC-Alsthom). Ces deux derniers constructeurs ont cependant formé une alliance au sein du consortium Eurotrain pour faire face à la concurrence en Asie.
Les Espagnols ont construit eux-mêmes leur train à grande vitesse en achetant du matériel roulant français et du matériel de signalisation allemand. Les Italiens eux ont un train pendulaire, qui ne roule toutefois qu’à un peu plus de 200 km/h.
Selon un expert étranger, le projet du train à grande vitesse a bien progressé au cours des dernières années en Chine.
«Depuis 5 ans, la Chine envoie régulièrement à l’étranger des missions techniques chargées spécifiquement de faire une pré-évaluation du projet (...) et les autorités ont maintenant une idée plus claire de ce qu’elles veulent réaliser», a-t-il rappelé.
La vitesse du futur train, prévue à l’origine à 250 km/h, a été fixée désormais à 300 km/h, a précisé cet expert, ce qui devrait permettre de réduire la durée du parcours pour les voyageurs de 17 à 6 heures.
Les trains chinois ne dépassent pas actuellement les 160 km/h.
Selon les spécialistes, seul le TGV français et le nouveau train japonais Nozoni 500 roulent à 300 km/h.
«Les Chinois s’intéressent aussi au cas de l’Espagne, car il montre qu’il est possible d’acheter du matériel auprès de plusieurs fournisseurs et d’obtenir un transfert de technologies massif, a commenté un spécialiste européen. Comme ils cherchent toujours à localiser, ils peuvent être tentés de faire de même».
Selon ce spécialiste, le futur train à grande vitesse chinois pourrait voir le jour «dans une fourchette comprise entre 3 et 9 ans». «Les Chinois ne sont pas capables de faire un tel train seuls, même en 10 ans, souligne-t-il. Il leur faudra donc faire appel d’une façon ou d’une autre à l’aide étrangère». (AFP)

