L’ordinateur utilise pour faire son choix un système compliqué de quotas élaboré en 1990 par les services d’immigration.
Sur les 55.000 visas à allouer, 23.024 reviendront à des Européens dont des citoyens de pays issus de l’ex-URSS, 21.409 à des ressortissants de différents pays africains.
L’Asie ne comptera que pour 7.254, et 2.468 visas sont réservés à l’Amérique latine.
Des pays comme la Chine, l’Inde, le Mexique sont exclus, plus de 50.000 de leurs ressortissants ayant immigré dans l’année par d’autres moyens tels que le regroupement familial.
Les Britanniques ne peuvent participer à la loterie pour la même raison. L’interdiction ne s’applique pas aux résidents d’Irlande du Nord et de Hong Kong.
La loterie, officiellement appelée «Programme de visa d’immigration pour la diversité» (Diversity Immigrant Visa Program), a été introduite il y a sept ans par le sénateur du Massachusetts Edward Kennedy pour remplacer un précédent système qui favorisait largement les immigrés d’origine irlandaise.
Un candidat sur cinq est disqualifié dès le départ pour ne pas avoir rédigé son dossier — une simple feuille de papier libre portant notamment nom et adresse et une photographie — exactement comme cela le lui est demandé pour le traitement informatique.
Obstacles inattendus
Quelque six millions de personnes participent chaque année à la loterie.
Près de deux fois plus de candidats que l’objectif de 55.000 cartes vertes sont choisis. En effet, pour de multiples raisons quelque 50.000 gagnants ne donnent pas suite. «Le courrier ne leur parvient pas ou ils ne remplissent pas les papiers nécessaires, ou ne parviennent pas à trouver les documents demandés», explique Maria Rodensky, du bureau des affaires consulaires du département d’Etat.
Les gagnants peuvent aussi rencontrer des obstacles inattendus. Ils subissent des tests de sida, de tuberculose et de syphilis. Ils doivent présenter des preuves de formation professionnelle ou d’éducation secondaire. Ils doivent aussi avoir une proposition de travail, ou assez de moyens pour subsister et faire vivre leur famille pendant au moins trois mois.
Le nouveau résident n’a pas accès à l’aide sociale aux indigents. Le Français Jean-Marc Jezequel et son épouse éthiopienne Laketch vivaient à Washington lorsqu’ils ont reçu leur lettre de félicitations du centre de délivrance des visas l’année dernière.
«Je n’avais aucune émotion particulière... Je n’ai pas brûlé de cierge après avoir appris que j’avais gagné», se souvient M. Jezequel.
Laketch Jezequel aurait pu demande un visa par le biais du rapprochement familial, sa famille résidant à Washington depuis un certain temps.
Sur le million, environ, de personnes ayant immigré aux Etats-Unis en 1996, 65% ont rejoint des proches déjà installés dans le pays.
Au début de cette semaine, les services américains d’immigration (US Immigration and Naturalisation Service, INS) ont durci les critères d’admission au rapprochement familial.
La loterie, elle, semble devoir durer. «C’est un programme indéfini, explique Mme Rodensky. Il n’a pas besoin d’être renouvelé chaque année par le Congrès» (AFP)


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