Les quelque trois cents chercheurs de vingt-cinq pays et les représentants de nombreuses agences spatiales, organismes et instituts océanographiques, qui viennent de se réunir à Biarritz (sud-ouest de la France), sont d’accord sur un point: seule une étude intégrée et multidisciplinaire permettra de fournir aux responsables politiques des données nouvelles.
C’est pourquoi ils vont proposer, en novembre à Toulouse, lors du comité sur l’observation de la terre par satellite, le lancement officiel du programme GODAE, une expérience d’assimilation des données sur les océans. Les Français pourront soumettre leur projet Mercator de modélisation océanique globale à haute résolution et le modèle SOPRANE, de prévision régionale en Atlantique du nord-est, mais qui est utilisable ailleurs.
L’ensemble des océans est une machine complexe qui transporte et échange des quantités considérables de vapeur d’eau, de gaz carbonique, de chaleur, qui mélange les eaux douces des fleuves à ses eaux salées, brasse le tout, renvoyant dans l’atmosphère de la vapeur, pompant le CO2 atmosphérique, répartissant la chaleur au gré de ses courants et de leurs modifications annuelles ou saisonnières.
On le comprend chaque jour un peu mieux en mêlant les données obtenues par les satellites d’observation, de météorologie ou d’altimétrie qui en mesurent la température, la hauteur ou la répartition de la vapeur d’eau à différentes altitudes.
Autant d’informations qui, bien analysées, permettent de suivre les courants, la formation des multiples tourbillons, l’arrivée d’une modification considérable d’El Nino, voire de découvrir l’existence — encore à prouver— dans l’Atlantique tropical, de l’équivalent du système El Nino-La Nina du Pacifique, et qui interagirait sur la sécheresse au Sahel et, là aussi, sur la pêche le long des côtes africaines.
Il est tout aussi intéressant de savoir comment se comporte le courant antarctique et de tenter de détecter les conséquences d’El Nino sur les chutes de neige au Japon.
GODAE, Mercator et leurs compléments locaux ou régionaux iront compléter la masse des informations accumulées depuis une vingtaine d’années. En effet, une multitude de programmes d’étude de l’océan et de l’atmosphère, s’imbriquant comme des poupées russes, se sont succédé, tous les pays en ont eu ou en conduisent pour leurs besoins particuliers.
Le problème aujourd’hui est de travailler en commun, de gérer des modèles mathématiques complexes, de les corréler avec des observations in situ, le tout en utilisant, en temps réel, des ordinateurs de plus en plus puissants, avec un objectif: prévoir le temps non plus à cinq jours, mais à quelques semaines, voire quelques mois d’avance. (AFP)

