«Notre objectif est de commercialiser un jour une voiture inspirée de cette recherche bourrée d’innovations technologiques», a déclaré Juergen Weissinger, directeur de la branche Véhicules spéciaux à Stuttgart.
Il estime qu’il faudra quatre à six ans pour passer de cet exemplaire unique dévoilé en première mondiale mercredi à Tokyo à une production en petite série.
Le châssis est un mélange d’aluminium, de magnésium et de fibre de carbone (le matériau utilisé par les Formule 1) pour gagner du poids. Le moteur, lui aussi spécialement léger, est un douze cylindres en V de 6 litres de cylindrée développant près de 400 chevaux. La vitesse est volontairement limitée à 250 km/h, «comme les autres Mercedes».
Son nom est un hommage à un ami et partenaire de Gottlieb Daimler, le carrossier Wilhelm Maybach. Après avoir participé à la création des premières Daimler en 1886, il a créé sa propre marque en 1907. Les amateurs de belles voitures se souviennent de la Maybach Zeppelin 12, une voiture pleine d’innovations produite entre 1930 et 1940.
La carrosserie, imaginée par les stylistes japonais de la marque, en compétition avec les stylistes américains et allemands, reprend la ligne classique des grosses Mercedes mais l’épure au maximum, conservant toutefois la célèbre étoile et la grille de radiateur.
Le toit en verre est à luminosité variable, passant de la transparence à l’opacité selon le goût des passagers, tout en filtrant les ultraviolets et en assurant une température constante.
Visant en priorité la clientèle américaine et asiatique, la voiture est conçue pour être conduite par un chauffeur et non par son propriétaire. Il est même prévu qu’une secrétaire, installée sur le siège avant, filtrera les informations reçues par Internet, avant de les diffuser sur un écran géant ultra-plat (5 centimètres d’épaisseur), destiné aux passagers arrières.
Ceux-ci auront à leur disposition une vraie centrale multimédia, avec lecteur de disques laser et de mini-disques, chaînes de télévision, vidéo numérique, plus trois lignes téléphoniques, une servant uniquement pour la connection sur Internet.
Ils seront installés dans des sièges — en cuir — avec repose-pieds, «presque comme les fauteuils couchettes des premières classes des avions». Ils disposeront d’un superbe bar, avec «cave à champagne réfrigérée mais également café chaud», d’une trousse à maquillage, d’une boîte à chaussures et d’un humidificateur à cigares.
Dans la boîte à gants, un ordinateur portable permet de travailler et de dialoguer avec l’extérieur, relié par infrarouge au système de transmission de la voiture.
Dans le coffre arrière, deux sacs de golf personnalisés sont prêts à servir.
La Maybach ouvre ainsi la voie au successeur de la Mercedes 600 dont le premier modèle est sorti en 1964. (AFP)
La crise évitée, Eltsine se tourne vers la CEI
En retirant leur motion de censure contre le gouvernement russe, les communistes ont mis un terme à la dernière crise politique en date à Moscou, ce qui a permis mercredi à Boris Eltsine de se concentrer sur les relations avec les autres républiques de l’ex-Union Soviétique.
Les communistes, qui constituent le groupe le plus important de la Douma sans toutefois y disposer de la majorité absolue, ont retiré leur motion après avoir obtenu des concessions de Boris Eltsine, et notamment un réexamen d’un ensemble de réformes fiscales.
«Après examen des dernières décisions prises par le président (Boris Eltsine) et le gouvernement (...), le groupe retire la motion de censure. C’est de l’histoire ancienne maintenant», a déclaré le secrétaire général du Parti communiste, Guennadi Ziouganov, à la tribune de la Douma.
Ziouganov s’est quand même réservé le droit de déposer une nouvelle motion au cas où le Kremlin ne tiendrait pas ses promesses, notamment offrir à l’opposition plus de temps d’antenne sur les médias nationaux et élargir les discussions sur les problèmes de la Russie.
De son côté, le président Eltsine a félicité son premier ministre Viktor Tchernomyrdine qui a su éviter la censure.
S’adressant à la Chambre, le premier ministre a assuré que la croissance économique était sur le point d’être relancée en Russie et que le gouvernement soumettrait à la Douma un certain nombre de projets de loi qu’il juge nécessaires pour la consolider.
Selon Sergueï Babourine, député nationaliste et président adjoint de la Chambre basse, les communistes ont commis une «erreur stratégique majeure» en cédant au gouvernement.
Babourine a d’ailleurs annoncé son intention de tenter d’initier une nouvelle motion dès que possible. Il aurait déjà commencé à rassembler les signatures nécessaires.
Cependant, pour de nombreux politologues, les communistes peuvent être satisfaits de leur réussite. Ils ont obtenu la révision du code fiscal, considéré comme l’une des clefs de voûte de la réforme proposée par le premier ministre.
«Ce n’est pas la peine de discuter pour savoir qui a gagné et qui a perdu. Je pense que tout le monde a gagné», a tempéré Tchernomyrdine, en évoquant le retrait de la motion de censure. «Maintenant, nous avons l’occasion de donner un grand coup d’accélérateur à l’efficacité de notre travail», a-t-il ajouté.
En intervenant la semaine dernière dans le bras de fer qui opposait son premier ministre aux député, Boris Eltsine a renforcé son image de «Père de la Russie».
Réunion des Quatre
Mercredi, à peine la crise interne résolue, Eltsine a dirigé son regard vers les frontières extérieures de la Russie. Il a rencontré les dirigeants du Kazakhstan, de la Kirghizie et de la Biélorussie avec qui la Russie a formé une union douanière.
Boris Eltsine semble ne pas se satisfaire de la rapidité des progrès et des travaux du «Conseil des Quatre», chargé de superviser les efforts d’intégration.
«De grands espoirs étaient attendus (du conseil) mais dans les faits, cela traîne un peu», a déclaré mercredi le porte-parole du Kremlin, cité par l’agence Itar-Tass.
Les quatre présidents devaient se rendre ensemble en fin de journée à un sommet de la Communauté des Etats indépendants (CEI), organisé en Moldavie.
Selon Alexandre Loukachenko, le président biélorusse, Boris Eltsine, Noursultan Nazarbaïev, son homologue kazakh, et Askar Akaïev, le chef de l’Etat kirghize, ont évoqué les avancées du Conseil des Quatre. Cependant, rien de très concret n’aurait été décidé lors de ce sommet.
Loukachenko a précisé qu’un accord sur les formalités douanières avait été signé. Pour Boris Eltsine, qui n’a pas donné de plus amples détails sur la réunion, cette union douanière est la «locomotive» de la CEI.
Les relations entre la Russie et la Biélorussie se sont envenimées depuis deux mois après l’arrestation et la détention d’un journaliste travaillant pour la télévision russe, accusé d’avoir passé illégalement la frontière avec la Lituanie.
Le reporter a été libéré depuis et un tête-à-tête organisé mercredi matin entre Loukachenko et Elstine a confirmé le rétablissement des relations entre les deux pays. (Reuter)

