Une opposante pacifique au régime algérien a accusé les élections locales de jeudi de n’être qu’une «mascarade» organisée avec la complicité des gouvernements occidentaux au moment où l’Algérie est soumise à une terreur qui l’empêche de se déterminer librement.
«Les élections sont un discours de légitimation qui sert à rassurer les seuls gens qui comptent pour le pouvoir, ses partenaires occidentaux», a dit mercredi Mme Salima Ghazali, directrice du journal indépendant «La Nation», suspendu depuis décembre dernier.
«Il y a un discours sur la reconstruction de l’Etat de droit. Mais jamais il n’y a eu aussi peu d’Etat et aussi peu de droits en Algérie. Jamais nous n’avons été autant entre les mains de groupes mafieux qu’en ce moment», a-t-elle déclaré à des correspondants lors d’un passage à Genève.
«Alors tout ça, c’est une mascarade destinée à renforcer des clientèles et donner une vitrine démocratique. Quand des dizaines de personnes disparaissent et que la mort est aussi présente en Algérie et que l’économie est aussi effondrée, je ne vois pas qui on veut berner. Je crois qu’il y a une espèce de coalition entre des gouvernements occidentaux qui veulent bien croire ce qu’on leur raconte et le pouvoir algérien qui fait juste le minimum pour être cru», a ajouté la journaliste.
«C’est complètement surréaliste. Comment voulez-vous que des Algériens qui n’arrivent même pas à dormir tranquilles, qui n’arrivent pas à sortir de chez eux tranquilles, qui n’arrivent pas à rester chez eux tranquilles puissent véritablement choisir entre un parti politique et un autre», a poursuivi Mme Ghazali. (AFP)

